Ă ce jour, les autoritĂ©s chinoises refusent de dire la vĂ©ritĂ© sur les origines du virus. Mais les agences de renseignements des Ătats-Unis ont de plus en plus d'Ă©lĂ©ments pour Ă©tayer la thĂšse de la sortie accidentelle du SARS-Cov2 "cultivĂ©" au laboratoire P4 de la ville de Wuhan. Comme cette thĂšse n'est plus taboue, aux 4 coins du globe des chercheurs creusent les pistes potentielles pour remonter aux origines de la pandĂ©mie de Covid-19. Le flou demeure sur les vraies origines du virus La thĂšse officielle du gouvernement chinois est, encore aujourdâhui, celle dâune origine naturelle du virus, transmise de lâanimal Ă lâhomme, vraisemblablement Ă partir dâun marchĂ©, dans la ville de Ă toutes les suspicions et les hypothĂšses Ă©mises de partout, on assiste ces temps-ci Ă des Ă©changes plus ou moins acerbes entre PĂ©kin et Washington. Les 5 agences principales de renseignement des Ătats-Unis ont travaillĂ© Ă une une expertise qui a Ă©tĂ© dĂ©classifiĂ©e vendredi et, pour la premiĂšre fois, ne privilĂ©gie plus la thĂšse de lâorigine naturelle. La thĂšse dâun accident commence Ă sâinstaller dans le discours officiel de Washington. Aucune hypothĂšse nâest Ă Ă©carter, mais les agences amĂ©ricaines renoncent Ă lâidĂ©e que le virus ait Ă©tĂ© expressĂ©ment conçu afin de servir dâarme biologique. Toutefois, cela nâexclut pas le fait que le Sars Cov 2 ait fait lâobjet dâune culture et dâune manipulation au sein du labo P4 de Wuhan.. Une farce politique » du point de vue de PĂ©kin PĂ©kin voit lâhypothĂšse de lâĂ©vasion du virus de lâinstitut de virologie de Wuhan ou WIV comme Ă©tant une farce politique », et ce, mĂȘme si lâon sâaccorde Ă dire que les toutes premiĂšres infections dĂ©couvertes au cours du mois de dĂ©cembre 2019 ont Ă©tĂ© repĂ©rĂ©es Ă quelques rues du partir de lĂ , le gouvernement chinois se perd dans sa narration des faits, car initialement, Ă PĂ©kin on avait assurĂ© que la pandĂ©mie avait dĂ©butĂ© via la contamination des chauves-souris mises en vente sur un marchĂ© qui se trouve non loin du P4; puis, en avril 2020, il a Ă©tĂ© dĂ©clarĂ© quâaucune chauve-souris nâa Ă©tĂ© commercialisĂ©e sur ce marchĂ© les choses se corsent un peu plus pour PĂ©kin depuis mercredi, car le CongrĂšs a publiĂ© des informations embarassantes focalisĂ©es sur les travaux du WIV En effet, des chercheurs et de lâargent public amĂ©ricains sont impliquĂ©s dans les recherches menĂ©es Ă Wuhan. Au dĂ©part, cela avait conduit Ă ce que lâEtat profond avait bloquĂ© Donald Trump quand il avait affirmĂ© quâil sâagissait dâun accident de laboratoire Ă Wuhan. A prĂ©sent, comme Anthony Fauci et quelques autres ont Ă©tĂ© publiquement mouillĂ©s devant lâopinion amĂ©ricaine, le gouvernement de Joe Biden peut utiliser ce quâil sait de ce qui sâest passĂ© Ă National Health Institute a reconnu avoir financĂ© des travaux de manipulation de virus au sein du WIV et il a admis rĂ©cemment que cette coopĂ©ration, mise en place par lâintermĂ©diaire de lâEco Health Alliance, a pris des tournures plus importantes allant au-delĂ de la convention initiale. Il semblerait ainsi quâEco Health Alliance ait cachĂ© la finalitĂ© des travaux. En effet, les recherches effectuĂ©es ont portĂ© leur fruit, permettant un dĂ©cuplement de la dangerositĂ© de certains virus testĂ©s sur les cobayes souris. Des expĂ©riences et des risques Les travaux connus sous lâappellation gain of fonction » ou GOF reposent sur lâinsertion de gĂšnes dans un virus ou le changement de mode dâexpression chez un virus dans le but de concevoir des vaccins ou encore des traitements. Ce type de travaux est ainsi hautement risquĂ©, car aprĂšs avoir Ă©tĂ© dopĂ©s », les germes sont en mesure de crĂ©er des dommages importants dans le cas oĂč ils sâĂ©vadent. Conscient de ce risque, lâadministration Obama avait dĂ©cidĂ© dâinterdire la pratique des GOF dans le territoire en 2017, au cours du mandat de Trump, avec le Dr Fauci, Peter Daszak dirigeant de lâEco Health Alliance a obtenu une dĂ©rogation dans le cadre des travaux menĂ©s Ă Wuhan. Dâautres pistes ne sont pas aussi Ă Ă©carter comme nous lâavons relatĂ© dans nos colonnes, nous avions dĂ©jĂ expliquĂ© pourquoi ce virus pourrait ĂȘtre sino-amĂ©ricain », de lâargent amĂ©ricain a alimentĂ© les recherches menĂ©es au laboratoire P4 de Wuhan. De mĂȘme que le COVID 19 serait le produit dâune expĂ©rience amĂ©ricaine hasardeuse menĂ©e par lâONG EcoHealth Alliance, dirigĂ©e par Peter Daszak, lâexpert de lâOMS qui faisait partie de lâĂ©quipe chargĂ©e dâenquĂȘter sur les origines du virus Abonnez-vous Ă notre newsletter 6 commentaires Washington croit que câest chinois⊠Ătonnant, mais chacun le sait, tous les malheurs du monde proviennent soit de la Russie soit de la Chine. Washington croit que câest chinois⊠Washington croyait aussi aux armes de destruction massive de lâIrak.. 40% des amĂ©ricains croit que la terre est plate et nâexiste que depuis 10 000ans⊠AlorsâŠ. La parole et les croyances des amĂ©ricainsâŠ. AprĂšs toutes ces mensonges dans le passĂ©, Irak et ses armes destruction massif, gĂ©nocide par les serbe, dictateur libyen, vol mh17, ect⊠Les Etats-Unis ne âCROITâ pas, ils savent. Et il y a longtemps. Les services de renseignements de lâarmĂ©e a dĂ©tenu longtemps un dissident chinois quâils ont dĂ©briefĂ©â sans en parler ni Ă la CIA ni au NSA. Des virologistes de Boston, aprĂšs les rĂ©vĂ©lation sur le âgain-of-functionâ engagĂ© sur des fonds publics de la NIH par Fauci et Ă©cohealth Diffusion publique dâemails entre Sastack et Fauci sur ordre dâun tribunal ont avouĂ© le savoir depuis 2020 et nâen avoir pas parler pour que cela ne profite pas Ă Trump! RĂ©cemment, le sĂ©nateur Rand Paul a interrogĂ© plusieurs fois le fameux Fauci et leurs altercations sur ce sujet ont mis Fauci en difficultĂ© et il maintenant convaincu de mensonge sous serment. Enfin, la semaine derniĂšre le NIH dont Fauci dirige un dĂ©partement a admis piĂšces en mains quâil y avait eu recherche de âgain-of-functionâ Ă Wuhan sur des fonds publics. Par ailleurs, on sait cela par des analyses thaĂŻlandanses et indiennes dĂ©s janvier 2020 qui rĂ©vĂ©lĂšrent la prĂ©sence de matĂ©riels dans le virus de parties du HIV. Ce que le professeur MontagniĂ© confirma dĂ©s avril mais faits qui furent bloquĂ©s par Fauci qui initia la lettre de qualus scientifiques et mĂ©decins en janvier 2020 condamnant cette assertion comme âcomplotisteâ. Ce que les emails entre Sastack dâĂ©cohealth et Fauci confirment. On pourrait aussi parler des chinois scientifiques dissidents qui ont rĂ©vĂ©lĂ© tout cela et des jeux militaires mondiaux de Wuhan qui auraient Ă©tĂ© le lieu dâune expĂ©rimentation de diffusion viraleâŠ. Quand on veut savoir on sait⊠Pas mal, mais vous passez un peu vite sous silence la responsabilitĂ© française, ne serait-ce quâen temps que maĂźtre dâouvrage⊠pour commencer, parce que lĂ aussi, ce sont des poupĂ©es Russes. Depuis dĂ©cembre 2019 lâalerte avait Ă©tĂ© donnĂ© par un mĂ©decin Chinois ou il prĂ©cisĂ© que le virus Ă©tait sortie du labo, ce mĂ©decin comme par hasard est dĂ©cĂ©dĂ© de la Covidb19 , infos repris par 2 journalistes qui comme par hasard ont disparus, puis aprĂšs sĂ©quençage par le professeur Montagnier qui confirme la manipulation gĂ©nĂ©tique , silence radio mais chute les politicus de tous bords jouent les niais surement pour avoir du foin. On peut aussi rappeler que le laboratoire P4 de Wuhan construit par les français et livrĂ© en 2017 nâĂ©tait pas vraiment aux normes P4 selon les dires du Dr Fauci et contrairement aux affirmations du Dr Levi directeur de lâINSERM. Un cas de plus oĂč la France, qui a la meilleure administration du monde, fait dĂ©faut. Macron, par son ambition dĂ©meusurĂ©e, fait exploser le nombre des dĂ©convenues de lâingĂ©niĂ©rie française. LâĂ©toile noire du systĂšme fiscal numĂ©rique français est aussi une mĂ©nace qui pĂšse sur les contribuables. 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127morts, 769 cas de douleurs abdominales sĂ©vĂšres, 1419 cas dâamnĂ©sie, Ă©tourdissement, dĂ©sorientation, vertiges, confusions et dĂ©lires, 1531 cas de grande fatigue, 1117 cas dâherpĂšs, 769 cas de douleurs intestinales, 717 cas de maux de tĂȘte et de blessure Ă la tĂȘte induites par des chutes accidentelles, 521 cas de grippe, 57 cas Ă©tant devenu aveugles et Virginie LippĂ©1 Âč Ătudiante finissante Ă la maĂźtrise en Hautes Ătudes Internationales de lâUniversitĂ© Laval. RG v5 n1, 2019 RĂ©sumĂ© Les Ătats-Unis dominent le monde depuis la fin de la DeuxiĂšme Guerre mondiale. LâhĂ©gĂ©mon amĂ©ricain est cependant aujourdâhui remis en doute disputĂ©e par une Chine montant en puissance, lâinfluence de lâAmĂ©rique pourrait grandement diminuer dans les annĂ©es Ă venir. La domination des AmĂ©ricains persiste dans les domaines sĂ©curitaire et culturel, mais perd de lâampleur dans ceux de la diplomatie et de lâĂ©conomie. Mots-clĂ©s Ătats-Unis, influence, relations internationales, Asie, hĂ©gĂ©monie Abstract The United States have been dominating the world since the end of World War II. The American hegemony is however now being questioned challenged by a rising China, the influence of America could decrease greatly in the coming years. The American domination remains in the security and cultural sectors but is weakening in the realms of diplomacy and economics. Keywords United States, influence, international relations, Asia, hegemony Introduction Lâordre mondial a Ă©tĂ© marquĂ© par de grands changements aprĂšs la DeuxiĂšme Guerre mondiale, avec notamment lâaffirmation dâun nouvel hĂ©gĂ©mon les Ătats-Unis dâAmĂ©rique. Le pays avait jusquâĂ lors adoptĂ© une doctrine isolationniste, sa participation Ă la PremiĂšre Guerre mondiale ayant constituĂ© une exception Ă prĂšs de deux siĂšcles de non-implication dont les arguments fondateurs avaient Ă©tĂ© avancĂ©s par le prĂ©sident George Washington Office of the Historian, On attribue le retour des Ătats-Unis dans la communautĂ© internationale Ă la pression des avancĂ©es japonaises dans le Pacifique, en particulier Ă lâattaque de Pearl Harbor en 1941 Office of the Historian, Face Ă une Europe dĂ©truite, les Ătats-Unis se sont retrouvĂ©s propulsĂ©s au sommet du pouvoir, en tant que chef du monde libre autoproclamĂ©. Ainsi, ceux qui sâĂ©taient tant indignĂ©s contre les ingĂ©rences britanniques de la Pax britannica se sont retrouvĂ©s eux aussi Ă la tĂȘte dâun empire rapidement critiquĂ©. Pourtant, la puissance sâĂ©cartait des actes les plus reprochĂ©s Ă ses prĂ©dĂ©cesseurs pas de conquĂȘtes territoriales comparables Ă celles des siĂšcles prĂ©cĂ©dents ni de colonisation imposĂ©e Ă de lointains pays. Comment un pays aussi tournĂ© vers lui-mĂȘme a-t-il rĂ©ussi Ă se placer au centre du monde en aussi peu de temps ? On pourrait penser que câest essentiellement son pouvoir militaire qui a donnĂ© la main Ă lâAmĂ©rique â aprĂšs tout, câest grĂące Ă lui que la DeuxiĂšme Guerre mondiale avait Ă©tĂ© gagnĂ©e. Le prĂ©sident Eisenhower avait mis en garde contre cette forme de domination dans son discours dâadieu en 1971, plus particuliĂšrement contre le complexe militaro-industriel qui aurait le pouvoir dâinfluencer nĂ©gativement les politiques amĂ©ricaines Weber, 2005. Les Ătats-Unis Ă©taient, et sont toujours, une Ă©norme puissance militaire avec laquelle aucun autre pays ne semble pouvoir rivaliser les dĂ©penses militaires amĂ©ricaines se chiffraient Ă 610 billions de dollars amĂ©ricains en 2017, un montant presque trois fois plus Ă©levĂ© que la Chine, deuxiĂšme puissance militaire mondiale SIPRI, 2017. Et pourtant, le soft power amĂ©ricain sâest immiscĂ© trĂšs profondĂ©ment dans la conception du monde moderne, rivalisant dâinfluence avec le pouvoir militaire plus traditionnellement associĂ© aux AmĂ©ricains. LâhĂ©gĂ©mon amĂ©ricain sâest ainsi dĂ©veloppĂ© non seulement grĂące Ă sa force matĂ©rielle, mais en promouvant des normes internationales issues de la culture amĂ©ricaine â un concept formulĂ© par Antonio Gramsci sous le terme dâhĂ©gĂ©monie culturelle. LâhĂ©gĂ©monie des Ătats-Unis est aujourdâhui en crise, contestĂ©e par une Chine toujours plus puissante, dans une Asie qui semble tentĂ©e de se dĂ©tacher de son partenaire occidental. Tandis que le dĂ©fenseur du monde libre semble perdre peu Ă peu son emprise sur la rĂ©gion, lâoccasion nous force Ă nous interroger sur ce que ce demi-siĂšcle a laissĂ© comme impact sur la zone Pacifique. Aujourdâhui une Ă©norme puissance en elle-mĂȘme, lâAsie compte plusieurs des plus grandes Ă©conomies mondiales sur son territoire la Chine 13,46 milliard $US, le Japon 5 milliard $US, la CorĂ©e du Sud 1,6 milliard $US et lâIndonĂ©sie 1 milliard $US font partie des vingt pays avec le plus haut PIB FMI, 2018. Lâimportance de ces pays, ainsi que leurs pouvoir et influence mondiale ne sont pas Ă minorer, dâautant plus que lâordre mondial pourrait se retrouver bouleversĂ© dâici Ă quelques annĂ©es. Cet article explore les influences rĂ©elles des Ătats-Unis en Asie, plus particuliĂšrement en Asie orientale, qui fait partie de la rĂ©gion communĂ©ment appelĂ© Asie-Pacifique par les AmĂ©ricains, et pour laquelle les objectifs nationaux sont gĂ©nĂ©ralement groupĂ©s. En tant que force alliĂ©e ou concurrente, lâAmĂ©rique a fortement contribuĂ© Ă former plusieurs aspects de ces nations, que ce soit de maniĂšre politique, Ă©conomique, culturelle ou sĂ©curitaire. 1. Les influences des Ătats-Unis sur lâAsie La rĂ©gion de lâAsie orientale a toujours Ă©tĂ© une zone dâintĂ©rĂȘt particuliĂšre pour lâhĂ©gĂ©mon amĂ©ricain depuis son affirmation sur la scĂšne internationale, notamment en matiĂšre de sĂ©curitĂ© nationale. FormĂ©e plus prĂ©cisĂ©ment de lâAsie de lâEst et de lâAsie du Sud-Est, lâAsie-Pacifique comprend presque le tiers de la population mondiale, et reprĂ©sente environ un quart du PIB nominal mondial CIA, 2018 â cela rend le territoire Ă©conomiquement trĂšs intĂ©ressant, un aspect qui nâa pas Ă©tĂ© nĂ©gligĂ© par les Ătats-Unis. Câest par ces deux champs dâintĂ©rĂȘt que lâAmĂ©rique a cherchĂ© Ă exercer un certain contrĂŽle en Asie orientale Ă travers ses politiques militaire et diplomatique â son hard power Wenzhao, 1999 â et, plus tard, avec ses politiques Ă©conomiques et son influence culturelle â son soft power. Aujourdâhui, plusieurs sonnent le glas de lâhĂ©gĂ©mon amĂ©ricain, une chute qui aurait Ă©tĂ© fortement prĂ©cipitĂ©e par les politiques du prĂ©sident Trump. Alors que celui-ci enchaĂźne les querelles avec la Chine, on se questionne sur lâavenir des Ătats-Unis en Asie. Perdraient-ils de leur influence sur la rĂ©gion ? Pourtant, lâAsia Power Index â un indice Ă©laborĂ© par le Lowy Institute dont les unitĂ©s de mesure sont les ressources et lâinfluence, et qui entend mesurer le pouvoir dâun Ătat Ă imposer sa volontĂ© Ă un autre Ătat â les classe pourtant toujours en tĂȘte, 10 points devant la Chine Lowy Institute, 2018. Mais, mĂȘme si lâAmĂ©rique reste encore la premiĂšre puissance rĂ©gionale, cela ne veut pas pour autant dire que son pouvoir prospĂšre. En 2015, la majoritĂ© des pays dâAsie marquait des taux dâopinion trĂšs favorable envers les Ătats-Unis PEW Research Center, 2018b. Ces taux avaient baissĂ© dans la plupart des pays lors du sondage de 2017 PEW Research Center, 2018b. En comparaison, et pour la mĂȘme pĂ©riode, lâopinion publique envers la Chine a aussi descendu, et affichait dâailleurs une moyenne beaucoup plus basse que la moyenne amĂ©ricaine PEW Research Center, 2018a. Ainsi, mĂȘme si les Ătats-Unis perdent de leur influence, ils resteraient quand mĂȘme les plus influents dans la rĂ©gion. Mais quâest-ce que lâinfluence ? La dĂ©finition classique, soit le pouvoir social et politique de quelquâun, dâun groupe, qui leur permet dâagir sur le cours des Ă©vĂ©nements, des dĂ©cisions prises, etc. » Larousse, donne dĂ©jĂ une idĂ©e claire, mais le Lowy Institute est allĂ© plus loin en Ă©tablissant des critĂšres permettant de calculer lâinfluence dâun pays. Lâinfluence serait donc composĂ©e de lâinfluence diplomatique, des relations Ă©conomiques, de lâinfluence culturelle et des rĂ©seaux de dĂ©fense Lowy Institute, 2018 2. Selon le rapport de lâinstitut, les Ătats-Unis se positionnent en deuxiĂšme place pour les dimensions diplomatique et Ă©conomique et en premiĂšre position pour les dimensions culturelle et des rĂ©seaux de dĂ©fense. Ce sont sur ces quatre dimensions que nous nous penchons ci-dessous. rĂ©seaux de dĂ©fense Les premiers Ă©vĂšnements Ă vĂ©ritablement attirer lâattention des AmĂ©ricains envers lâAsie ont Ă©tĂ© dâordre sĂ©curitaire. DĂšs le dĂ©but du 20e siĂšcle, câest le Japon qui suscite lâinquiĂ©tude câest une menace qui plane sur le statu quo, lâĂ©quilibre de la puissance balance of power entre la Chine et le Japon que les AmĂ©ricains veulent conserver Green, 2017. Câest en dĂ©fense de ses intĂ©rĂȘts â ou, plutĂŽt, sous la peur de perdre ses avantages â que les Ătats-Unis entrent en guerre contre le Japon impĂ©rialiste, parce quâon pense que [the] American security, economic prosperity, and values would be fundamentally put at risk if a rival hegemonic power dominated the Pacific » Green, 2017 187. Câest donc que le premier intĂ©rĂȘt amĂ©ricain est son autodĂ©fense, et non pas la dĂ©fense du monde libre, slogan qui sera adoptĂ© plus tard dans lâhistoire. La Guerre du Pacifique 1941-1945 a Ă©tĂ© proposĂ©e comme point de dĂ©part de la stratĂ©gie globale amĂ©ricaine en Asie Bingham, 1949 189. AprĂšs celle-ci, les guerres dâAsie ayant vu une participation des Ătats-Unis se sont effectivement enchaĂźnĂ©es la guerre de CorĂ©e 1950-1953, la guerre du Vietnam 1955-1975, la guerre civile au Laos 1959-1975, lâinsurrection communiste en ThaĂŻlande 1965-1983, et finalement la guerre civile du Cambodge 1968-1975 Congressional Research Service, 2017. Ces guerres ont toutes eu lieu durant la guerre froide, certaines par proxy, dâautres plus directement, et toutes dans le but de dĂ©fendre la dĂ©mocratie et les Ă©conomies libĂ©rales. Lâaction militaire nâa pas Ă©tĂ© la seule source dâinfluence majeure des AmĂ©ricains durant la pĂ©riode de la guerre froide les opĂ©rations secrĂštes de la CIA en Asie served as an important foreign policy instrument of the in its struggle to prevail in the global ideological competition with the former Soviet Union » Kim, 2002. Ce recours aux opĂ©rations secrĂštes a Ă©tĂ© adoptĂ© afin de poursuivre des intĂ©rĂȘts nationaux par les AmĂ©ricains dans des pays oĂč la menace communiste Ă©tait moins claire et donc oĂč une guerre aurait Ă©tĂ© plus difficile Ă justifier Kim, 2002; Isenberg, 1989. Les opĂ©rations secrĂštes ne se sont ainsi pas limitĂ©es aux pays explicitement communistes, comme le Vietnam, mais ont Ă©tĂ© Ă©tendues aux rĂ©gimes dĂ©mocratiques dâAsie du Sud-Est et dâAmĂ©rique du Sud qui avaient certaines tendances socialistes moins apprĂ©ciĂ©es des Ătats-Unis. Ces derniĂšres opĂ©rations, bien quâĂ©tant rattachĂ©es davantage Ă une forme dâinfluence militaire, se rapportent plutĂŽt Ă des intĂ©rĂȘts dâordre Ă©conomique, divergeant des intĂ©rĂȘts sĂ©curitaires amĂ©ricains mentionnĂ©s plus tĂŽt. Ainsi, de la mĂȘme façon que les Ătats-Unis souhaitaient prĂ©server une rĂ©gion sans communisme pour des raisons gĂ©opolitique et sĂ©curitaire mais aussi idĂ©ologique, le pays craignait la perte dâaccĂšs aux Ă©conomies libĂ©rales dans les pays Ă rĂ©gimes plus socialistes qui deviendraient par le fait mĂȘme isolationnistes Kim, 2002 64. Le cas de lâIndonĂ©sie Ă cet Ă©gard est particuliĂšrement frappant. Ă la suite de son indĂ©pendance, proclamĂ©e en 1945, lâIndonĂ©sie sâest dotĂ©e dâun prĂ©sident issu du mouvement indĂ©pendantiste Soekarno. Soekarno nâĂ©tait pas communiste, mais entretenait de proches relations avec le parti communiste indonĂ©sien afin, notamment, de tempĂ©rer lâarmĂ©e Kim, 2002. Câest une association que les Ătats-Unis voyaient dâun mauvais Ćil, effrayĂ©s que lâIndonĂ©sie ne suive la Chine dans sa transformation, mais avec un gouvernement Ă©lu et supportĂ© par la population â une dĂ©mocratie socialiste Kim, 2002. La possibilitĂ© que lâindustrie pĂ©troliĂšre et lâindustrie du caoutchouc du pays soient nationalisĂ©es a convaincu le gouvernement amĂ©ricain dâaller Ă lâencontre du souhait de sa population, qui nâavait aucun intĂ©rĂȘt Ă entrer en guerre contre le pays dâAsie du Sud-Est â et câest de maniĂšre clandestine que la campagne visant Ă renverser Soekarno a dĂ©butĂ© Kim, 2002. Les annĂ©es suivantes furent marquĂ©es par lâimplication matĂ©rielle, humaine et financiĂšre de la CIA envers des groupes rebelles opposĂ©s Ă Soekarno, jusquâĂ la culmination des tensions en un coup dâĂtat en 1965, qui fut suivi du massacre de plusieurs milliers de sympathisants communistes Kim, 2002. Cette incursion des Ătats-Unis en Asie du Sud-Est pour aider Ă renverser le gouvernement local nâest pas unique Ă lâIndonĂ©sie, mais sâinscrit plutĂŽt dans la stratĂ©gie amĂ©ricaine du regime change, qui a Ă©tĂ© appliquĂ© en AmĂ©rique Latine, en Asie et, plus rĂ©cemment, au Moyen-Orient. On observe ainsi le mĂȘme genre dâopĂ©ration au courant de la guerre froide aux Philippines, au Vietnam et au Laos, lesquelles ont laissĂ© de trĂšs amers souvenirs des AmĂ©ricains Isenberg, 1989. Sur le long terme, les efforts amĂ©ricains pour stabiliser la rĂ©gion ont eu lâeffet contraire de celui escomptĂ©, en plus de contribuer Ă un fort sentiment antiamĂ©ricain et de favoriser la montĂ©e en force de lâextrĂȘme droite dans les pays touchĂ©s Isenberg, 1989. Ces effets sont toujours observables aujourdâhui avec, par exemple, le gouvernement de Duterte aux Philippines. On peut aussi constater que lâIndonĂ©sie affichait toujours en 2017 lâun des taux dâopinion favorable envers les Ătats-Unis les plus faibles dâAsie-Pacifique PEW Research Center, 2018b. Cette dĂ©fiance envers les Ătats-Unis a perdurĂ© au 21e siĂšcle, lors de la guerre contre le terrorisme des Ătats-Unis et leur demande de support de la part de lâAssociation des Nations dâAsie du Sud-Est ASEAN The United States was seen as inattentive to the primary concerns of many Southeast Asian governments that focused on economic development, trade and investment needed for effective nation building and governance » Sutter, 2011 19. Cette dĂ©connexion entre lâAmĂ©rique et lâASEAN explique aussi le rapprochement prudent qui sâest ensuite effectuĂ© entre la Chine et lâASEAN The United States government was also less inclined than China and other outside powers to interact closely with the [ASEAN] and other regional multilateral organisations that the Southeast Asian leaders saw as important for confidence building among sometimes competing regional and other governments, and as an indication of Southeast Asiaâs international importance and prestige. » Sutter, 2011 19 Dâautre part, les Ătats-Unis ont liĂ© plusieurs alliances militaires et traitĂ©s avec diffĂ©rents pays dâAsie. Ils ont aujourdâhui des pactes de dĂ©fense avec les Philippines, lâAsie du Sud-Est qui inclut lâAustralie, la France, la Nouvelle-ZĂ©lande, les Philippines, la ThaĂŻlande et le Royaume-Uni, la CorĂ©e du Sud et le Japon Department of State, Ces deux derniĂšres, ainsi que lâancienne alliance avec Taiwan, formaient une sĂ©rie de pactes bilatĂ©raux qui est souvent analysĂ©e dans la littĂ©rature et mise en opposition avec les pactes multilatĂ©raux que formaient normalement les Ătats-Unis Ă lâĂ©poque, tels que lâOTAN et lâalliance en Asie du Sud-Est Cha, 2010. Cha 2010 dĂ©signe cette particularitĂ© des alliances est-asiatiques comme une tactique de powerplay, câest-Ă -dire que les Ătats-Unis ont Ă©tabli des alliances Ă la balance de pouvoir trĂšs asymĂ©trique afin de maintenir le contrĂŽle sur la rĂ©gion en empĂȘchant la CorĂ©e du Sud dâentrer en guerre contre la CorĂ©e du Nord, et, anciennement, Taiwan contre la RĂ©publique Populaire de Chine, en plus de stopper la propagation du communisme. De nos jours, ces ententes sont mises Ă mal, particuliĂšrement depuis lâĂ©lection de Donald Trump comme 45e PrĂ©sident des Ătats-Unis, qui conteste rĂ©guliĂšrement toutes les alliances sĂ©curitaires amĂ©ricaines. Mishra 2016 parle dâun retour Ă une dualitĂ© hĂ©gĂ©monique asiatique semblable Ă celle de la Guerre froide, opposant cette fois la Chine aux Ătats-Unis â un concept retravaillĂ© par Graham Allison, qui dĂ©crit la rivalitĂ© entre les deux puissances comme un piĂšge de Thucydide dont la seule issue serait une guerre Allison, 2017. La puissance militaire et Ă©conomique de la Chine a connu une croissance exponentielle depuis ces trente derniĂšres annĂ©es, offrant ainsi une alternative de balancing aux pays moins alignĂ©s avec les Ătats-Unis, et forçant les autres Ă une inexorable coopĂ©ration avec la Chine, en raison notamment de son poids Ă©conomique. Les Ătats-Unis avaient, jusquâĂ maintenant, rĂ©ussi Ă assurer une stabilitĂ© militaire en Asie de lâEst. Les menaces de retrait des bases militaires amĂ©ricaines dans la rĂ©gion sont toutefois venues dĂ©sĂ©quilibrer ce qui avait Ă©tĂ© accompli. La prĂ©sence du turbulent voisin nord-corĂ©en en Asie orientale soulĂšve toujours les mĂȘmes prĂ©occupations que lors de la formation des alliances rĂ©gionales, suscitant par consĂ©quent un certain scepticisme quant Ă la possibilitĂ© dâun retrait des troupes amĂ©ricaines dans la rĂ©gion. Les tentatives de rapprochement entre les deux CorĂ©es ont gĂ©nĂ©ralement Ă©tĂ© mal vues par les Ătats-Unis, qui ont toujours eu une approche relativement dure et implacable envers la CorĂ©e du Nord, et qui demandaient donc la mĂȘme attitude de la part de ses alliĂ©s Mishra, 2016. Dâun cĂŽtĂ©, la CorĂ©e du Sud ne veut pas contrarier ni la CorĂ©e du Nord ni la Chine, pour des raisons sĂ©curitaire et Ă©conomique, ce qui est interprĂ©tĂ© comme de la mollesse de la part des Ătats-Unis et du Japon. De lâautre, le Japon veut pouvoir assurer sa dĂ©fense, et ne voit pas dâun bon Ćil le rapprochement entre la CorĂ©e du Nord â dĂ©sormais puissance nuclĂ©aire connue â et la CorĂ©e du Sud. Dâailleurs, suite Ă la colonisation japonaise de la pĂ©ninsule corĂ©enne et dâune partie de la Chine durant le 20Ăšme siĂšcle, de vives rancĆurs vis-Ă -vis du Japon animent encore aujourdâhui lâopinion publique en CorĂ©e du Nord, en CorĂ©e du Sud et en Chine. La subsĂ©quente remise en question de lâarticle 9 de la constitution japonaise â qui stipule que le Japon renonce Ă la guerre et Ă lâusage de la force comme moyen de rĂšglement des conflits internationaux â nâa pas contribuĂ© Ă lâapaisement des tensions Mishra, 2016. La position en matiĂšre de sĂ©curitĂ© des Ătats-Unis en Asie est revenue Ă lâavant-plan avec le prĂ©sident Trump ses menaces dâun retrait amĂ©ricain dans la zone ont fait rĂ©agir vivement ses alliĂ©s dans le Pacifique, ravivant par le fait mĂȘme les tensions dans la pĂ©ninsule corĂ©enne. DĂšs le dĂ©but de son mandat, la pression a Ă©tĂ© mise avec force sur la Chine afin que celle-ci rĂšgle la situation nord-corĂ©enne. Le comportement du prĂ©sident a ainsi causĂ© beaucoup dâinquiĂ©tudes sur lâĂ©ventualitĂ© dâune guerre inter-CorĂ©e Huxley et Schreer, 2017 82. LâhypothĂ©tique retrait des AmĂ©ricains pourrait provoquer une cristallisation de ces tensions, une situation qui serait alors susceptible de dĂ©gĂ©nĂ©rer en une course Ă lâarmement. Cette Ă©ventualitĂ© demeure toutefois peu probable considĂ©rant la force des liens multilatĂ©raux entre les pays de la rĂ©gion et dâautres institutions internationales, assurant de fait une stabilitĂ© favorable Ă la coopĂ©ration et au dialogue. Pour lâAsie, les Ătats-Unis gardent encore the most powerful military force in Asia and [are] at the centre of a network of regional alliances that Beijing cannot match » Lowy Institute, 2018 14, une position qui pourrait toutefois changer avec la prĂ©sente administration amĂ©ricaine. 3. Lâinfluence diplomatique et politique Les intĂ©rĂȘts politiques amĂ©ricains en Asie, comme leurs intĂ©rĂȘts sĂ©curitaires, se sont cristallisĂ©s durant la DeuxiĂšme Guerre mondiale. La victoire des rĂ©gimes dĂ©mocratiques contre les rĂ©gimes autoritaires et impĂ©rialistes a Ă©tĂ© perçue par les Ătats-Unis comme une opportunitĂ© dâassumer un leadership international et de dĂ©fendre ainsi les valeurs libĂ©rales et dĂ©mocratiques. Cette position sâest dâabord affichĂ©e en Europe, oĂč les Ătats-Unis ont pris une part active dans la rĂ©organisation de lâAllemagne dâaprĂšs-guerre, dans lâoptique de ne plus traverser un nouveau conflit armĂ© de cette envergure. Cette fonction a aussi Ă©tĂ© assumĂ©e au Japon, dâune maniĂšre encore plus importante non seulement le pays a Ă©tĂ© sous tutelle jusquâen 1952, mais de plus les Ătats-Unis ont participĂ©, et approuvĂ©, la réécriture de la constitution japonaise, tout en promouvant la dĂ©mocratie et en critiquant le communisme National Diet Library, 2004; Kawai, 1951. Lâadministration amĂ©ricaine du Japon a, en gĂ©nĂ©ral, Ă©tĂ© bien acceptĂ©e et a su repousser le communisme efficacement [The Japanese] have [âŠ] become willing converts to democracy and, while they still have much to learn, are making such sure progress that there is little danger of their reverting to their old ways or of falling for the blandishments of the Communists » Kawai, 1951 23. Cette manĆuvre a aussi eu pour consĂ©quence de crĂ©er une alliance trĂšs forte entre les Ătats-Unis et le Japon, comme le remarque Cha The powerplay in this relationship was to win Japanâ as an allyâthat is, to exercise decisive influence over Japanâs transformation from a defeated wartime power into a status quo power supportive of interests in the region, thereby limiting the potential for renewed aggression » Cha, 2010 159. Ce changement structurel effectuĂ© au Japon nâa pas Ă©tĂ© rĂ©pĂ©tĂ© parmi les autres alliĂ©s amĂ©ricains en Asie. Ainsi the Eisenhower administration chose to exercise direct, sometimes draconian, control by creating ROK and ROC economic and political dependency on the United States. policy planners correctly believed that they could not exercise similar control in a larger multilateral regional framework, which would have diluted material and political influence » Cha, 2010 159. Cette influence sur les systĂšmes politiques nâa toutefois pas Ă©tĂ© complĂšte en Asie de lâEst la Chine continentale, par exemple, prĂ©sente certaines caractĂ©ristiques dâune superpuissance en dĂ©fendant nĂ©anmoins une forme dâautoritarisme politique, en opposition totale au modĂšle incarnĂ© par les Ătats-Unis. La relation sino-amĂ©ricaine est lâune des plus complexes en Asie en compĂ©tition pour lâhĂ©gĂ©mon mondial, peu de choses semblent rapprocher les deux nations. Souvent qualifiĂ©e dâĂtat rĂ©visionniste, la Chine contemporaine a Ă©tĂ© accusĂ©e de vouloir rejeter la plupart des institutions internationales fondĂ©es par les Ătats-Unis Zhang, 2004. Une analyse plus rigoureuse du potentiel statut rĂ©visionniste de la Chine montre plutĂŽt le contraire malgrĂ© ses tendances rĂ©alistes, le pays continue son intĂ©gration dans les institutions internationales, faisant mĂȘme la promotion de lâidĂ©e que les relations Ă©conomiques ne sont pas un jeu Ă somme nulle Johnston, 2003. La Chine est aujourdâhui Ătat membre ou observateur de plus de 70 organisations internationales, y compris certaines dont les Ătats-Unis sont absents, telles que lâUNESCO, lâOrganisation Mondiale du Travail OMT, et lâUnion interparlementaire UIP CIA, 2018. On peut dire avec certitude que les Ătats-Unis nâont pas eu dâinfluence quant au choix du systĂšme politique chinois en place â au contraire, ils ont essayĂ© de se dĂ©barrasser du communisme avec vigueur. Ă lâĂ©poque de la chute de la RĂ©publique de Chine â et la naissance de la RĂ©publique Populaire de Chine en 1949 â, la position amĂ©ricaine est trĂšs claire The critical nature of the current situation in China, where a government recognized and supported by the United States is now reeling under the impact of military defeats inflicted by Communists, provokes in Americans the desire for immediate action » Bingham, 1949, câest-Ă -dire quâils dĂ©siraient dĂ©fendre la position de Taiwan contre la Chine continentale. Lâopposition des Ătats-Unis envers la Chine sâest longtemps manifestĂ©e Ă lâONU, oĂč Taiwan a siĂ©gĂ© pendant 20 ans, pleinement supportĂ©e par lâAmĂ©rique, avant dâĂȘtre remplacĂ© par la Chine United Nations, 1971 127. Les relations diplomatiques avec la Chine se sont normalisĂ©es quelques annĂ©es plus tard, en 1979, lorsque les Ătats-Unis ont reconnu le principe dâune Chine unique One China Council on Foreign Relations, Ce changement de position des AmĂ©ricains sâexplique par la volontĂ© de stabiliser lâAsie face Ă lâURSS et de rĂ©duire les dĂ©penses militaires dans la rĂ©gion Green, 2017 345-351. CâĂ©tait aussi un coup de poker de la part des Ătats-Unis qui, pour lĂ©gitimer leur hĂ©gĂ©mon, ont fait la promotion dâinstitutions internationales oĂč ils Ă©taient le principal maĂźtre Ă bord. Cela sâest rĂ©vĂ©lĂ© ĂȘtre une stratĂ©gie Ă double tranchant, comme cette lĂ©gitimation nĂ©cessitait la participation de la Chine, et que la Chine a demandĂ© sa part du pouvoir en Ă©change de sa coopĂ©ration Tiberghien, 2018. La promotion des normes et institutions internationales par les Ătats-Unis ne sâest bien sĂ»r pas limitĂ©e au territoire chinois â le rĂ©seau diplomatique amĂ©ricain reste aujourdâhui le plus dĂ©veloppĂ© dans le monde, comptant des ambassades ou dâautres formes de reprĂ©sentation diplomatique dans tous les pays membres de lâONU, exceptĂ© lâIran, le Bhoutan et la CorĂ©e du Nord, avec lesquels ils nâont pas de relations diplomatiques Department of State, Bureau of Consular Affairs, La reprĂ©sentation asiatique dans les institutions internationales montre aussi lâinfluence de lâOccident sur la promotion dâun ordre mondial libĂ©ral, lequel a toujours Ă©tĂ© trĂšs fortement dĂ©fendu par les Ătats-Unis â mis Ă part certains Ă©clats comme le dĂ©part des AmĂ©ricains de lâUNESCO et du Conseil des droits de lâhomme des Nations unies. LâAmĂ©rique sâest aussi immiscĂ©e dans les institutions rĂ©gionales asiatiques, Ă©tant notamment membre ou observateur Ă la Banque asiatique de dĂ©veloppement, la CoopĂ©ration Ă©conomique pour lâAsie-Pacifique APEC, et lâAssociation des nations de lâAsie du Sud-Est ASEAN, entre autres CIA, 2018. MalgrĂ© cette reprĂ©sentation en Asie, le Lowly Institute classe les Ătats-Unis deuxiĂšme en matiĂšre dâinfluence diplomatique, six points derriĂšre la Chine Lowy Institute, 2018 11. Cette position sâexplique par lâinfluence du prĂ©sident Trump sur les relations internationales de la rĂ©gion, et le retrait des Ătats-Unis du Partenariat Trans-Pacifique PTP Lowy Institute, 2018 14. Les relations diplomatiques ont Ă©tĂ© bouleversĂ©es par lâapproche du prĂ©sident amĂ©ricain, qui sâest Ă©loignĂ© de la politique du pivot to Asia initiĂ©e sous le prĂ©sident Obama, et dont les stratĂ©gies clĂ©s Ă©taient strengthening bilateral security alliances; deepening our working relationships with emerging powers, including with China; engaging with regional multilateral institutions; expanding trade and investment; forging a broad-based military presence; and advancing democracy and human rights » Clinton, 2011. Trump a rompu fĂ©rocement avec les traditions en remettant en cause la politique dâune Chine unique et en renouant des liens avec des dirigeants de pays non dĂ©mocratiques comme les Philippines et la ThaĂŻlande Sutter, 2018 13-14. CombinĂ©s aux critiques Ă lâendroit de ses alliĂ©s occidentaux, les consĂ©quences des actes du prĂ©sident laissent prĂ©sager de grands changements dans lâordre mondial, ce qui Ă©veille lâattention des pays asiatiques, envers lesquels lâadministration Trump nâa pas pris de positions claires Sutter, 2018. La seule tangente que lâon peut dĂ©cerner des discours prĂ©sidentiels amĂ©ricains est le constant rappel des injustices Ă©conomiques que subissent les Ătats-Unis de la part de lâAsie Sutter, 2018. On peut en tirer la ligne directrice de Trump en Asie â le confinement de la Chine â laquelle a Ă©tĂ© qualifiĂ©e de contre-productive il serait nĂ©cessaire de maintenir un dialogue ouvert, de soutenir les objectifs communs et to redouble efforts to construct confidence-building measures and to encourage transparency » Huxley et Schreer, 2017 88. Une position contraire nâaurait pour consĂ©quence que de rendre les relations diplomatiques plus difficiles, et que chaque pays se retranche davantage de son cĂŽtĂ©. Le dĂ©sintĂ©rĂȘt nouveau que montre lâadministration amĂ©ricaine pour les institutions libĂ©rales, auxquelles le pays a pourtant indĂ©niablement contribuĂ© Ă la mise en place et au renforcement, apparaĂźt comme un signal trĂšs inquiĂ©tant pour les pays asiatiques en quĂȘte dâun leadership fort dans la rĂ©gion. Le refus amĂ©ricain dâendosser ce rĂŽle dans la derniĂšre annĂ©e laisse la place Ă une Chine qui sâimplique de plus en plus dans les institutions internationales â sans toutefois appliquer sur son propre territoire les normes internationales sây rattachant Tiberghien, 2018. La Chine continue de charmer sa rĂ©gion, malgrĂ© les manĂšges auxquels elle sâadonne, en grande partie grĂące Ă son pouvoir commercial. Cela Ă©tant dit, elle ne reste encore que la deuxiĂšme plus grande Ă©conomie mondiale, derriĂšre les Ătats-Unis. 4. Les relations Ă©conomiques En tant que principale puissance Ă©conomique mondiale depuis le dĂ©but du 20e siĂšcle, lâinfluence des Ătats-Unis sur le systĂšme Ă©conomique est bien entendu considĂ©rable. SiĂ©geant dans un rĂ©seau complexe dâalliances et dâententes, il est difficile dâĂ©valuer quelle partie du monde Ă©conomique nâa pas Ă©tĂ© influencĂ©e par les Ătats-Unis dâAmĂ©rique. Le rĂŽle de garant des Ătats-Unis suite Ă la DeuxiĂšme Guerre mondiale ne sâest pas limitĂ© aux facteurs de sĂ©curitĂ© et dâinstitutions politiques ils ont aussi fortement contribuĂ© Ă la reconstruction de lâAsie de lâEst dâaprĂšs-guerre sous forme dâinvestissements et de prĂȘts Ikenberry, 2004 355. Le Japon en particulier a grandement bĂ©nĂ©ficiĂ© de ces aides, qui ont favorisĂ© son essor jusquâĂ la fin du 20e siĂšcle, venant rivaliser son ancien mentor pour lâhĂ©gĂ©mon rĂ©gional â et mĂȘme mondial. Durant lâĂ©poque de la guerre froide, les Ătats-Unis ont acceptĂ© des balances commerciales ayant un important dĂ©ficit afin de maintenir lâĂ©quilibre sĂ©curitaire chez ses alliĂ©s, pour Ă©viter quâils ne se tournent vers lâURSS et changent effectivement de camp Ikenberry, 2004 355. Cela a Ă©tĂ© un compromis Ă©conomiquement coĂ»teux pour les Ătats-Unis, qui ont toutefois trĂšs bien su tirer leur Ă©pingle du jeu, permettant dâun cĂŽtĂ© le dĂ©veloppement effrĂ©nĂ© dâĂ©conomies centrĂ©es sur lâexportation et, favorisant de lâautre la crĂ©ation de sociĂ©tĂ©s de consommation. On remarque toutefois que la Chine et le Japon reprĂ©sentent toujours aujourdâhui deux des pays avec lesquels les Ătats-Unis ont le plus grand dĂ©ficit commercial US Census Bureau, 2019. Câest suite Ă la Guerre froide quâon peut observer un tournant dans les politiques amĂ©ricaines, et un rééquilibrage de la balance Ă©conomique dans laquelle les intĂ©rĂȘts amĂ©ricains passent davantage au premier plan Beeson, 2004 446. Sans la possibilitĂ© de se tourner vers un autre partenaire commercial que les Ătats-Unis, plusieurs pays asiatiques se sont retrouvĂ©s Ă la merci de politiques amĂ©ricaines qui ne tolĂ©raient soudainement plus leurs pratiques Ă©conomiques Beeson, 2004. Ce pivot est venu forcer, en quelque sorte, lâimplantation du capitalisme et de la libĂ©ralisation dans les Ă©conomies asiatiques, sous peine dâĂȘtre laissĂ© pour compte dans lâordre Ă©conomique mondial. Le plus important symptĂŽme de cette transformation reste la crise Ă©conomique asiatique de 1997. Cette crise reste lâun des plus grands traumatismes Ă©conomiques de lâAsie orientale, dans lequel les Ătats-Unis et le FMI ont eu un point important, ayant Ă©tĂ© Ă la source de la crise en plus dâavoir contribuĂ© Ă son amplification Beeson et Robison, 2000. La mauvaise gouvernance lors de lâimplĂ©mentation du capitalisme dans les pays touchĂ©s avait Ă©tĂ© blĂąmĂ©e par les AmĂ©ricains comme Ă©tant la source de la crise, ce qui conduit les Ătats-Unis, par le biais du FMI, Ă proposer des rĂ©formes sĂ©vĂšres afin de rĂ©gler la crise â ce qui a lâeffet accidentel de lâexacerber davantage Beeson, 2004 448. MalgrĂ© les tentatives des Ătats-Unis dâattĂ©nuer la crise, celle-ci a contribuĂ© aux sentiments antiamĂ©ricains en Asie, et plus particuliĂšrement en Asie du Sud-Est, une rĂ©gion dĂ©jĂ ambivalente face aux AmĂ©ricains et oĂč la crise a frappĂ© le plus sĂ©vĂšrement Beeson, 2004. Câest donc sans surprise que la rĂ©gion sâest finalement tournĂ©e vers la Chine, quelques annĂ©es plus tard, pour y baser ses intĂ©rĂȘts financiers, dĂ©laissant doucement les AmĂ©ricains. Le Lowy Institute classe les Ătats-Unis plus de 30 points dâinfluence sous la Chine en matiĂšre de relations Ă©conomiques en Asie, la plus grande diffĂ©rence positive pour la Chine de toutes les catĂ©gories Lowy Institute, 2018 11. Cela sâexplique par lâinitiative chinoise des routes de la soie lancĂ©e en 2013 par le PrĂ©sident Xi Jinping, un plan de renforcement des liens Ă©conomiques rĂ©gionaux qui fournit aussi de lâaide au dĂ©veloppement, deux facettes trĂšs importantes pour les gouvernements Sud-est asiatiques que les Ătats-Unis prĂ©voyaient aborder sous Obama, mais qui ont Ă©tĂ© complĂštement abandonnĂ© par lâadministration Trump Lowy Institute, 2018 14. LĂ oĂč on espĂ©rait un rĂŽle plus soutenu des Ătats-Unis dans le dĂ©veloppement des institutions rĂ©gionales asiatiques et lâintĂ©gration des normes libĂ©rales dans la rĂ©gion The Asia Foundation, 2016xi, la nouvelle administration a chamboulĂ© les atteintes en se retirant du PTP, un partenariat qui avait Ă©tĂ© qualifiĂ© de bedrock of economic engagement in the Asia-Pacific » The Asia Foundation, 2016 22. Le document de The Asia Foundation met aussi en garde contre le nationalisme Ă©conomique et lâisolationnisme, rappelant que in a time of global economic weakness, protectionism will certainly backÂfire, as it did in the 1930s » The Asia Foundation, 2016 28. Ces craintes formulĂ©es par les pays dâAsie orientale se sont complĂštement cristallisĂ©es sous lâadministration Trump, dont le slogan America First ne laissait dĂ©jĂ aucun doute quant Ă ses ambitions nationalistes. Si on critique le manque de politique claire de la nouvelle administration amĂ©ricaine envers lâAsie Huxley et Schreer, 2017 ; Sutter, 2018, la position Ă©conomique du prĂ©sident vis-Ă -vis de la rĂ©gion est toutefois limpide le nouveau prĂ©sident refuse que les Ătats-Unis continuent de se faire arnaquer » par ses partenaires Ă©conomiques. Les principaux arguments du prĂ©sident pour dĂ©fendre ce point concernent the US trade agreement with South Korea and US trade deficits with China and many other Asian countries » Sutter, 2018 11. La visite du prĂ©sident Ă lâAPEC en 2017 sâest aussi soldĂ©e par des avertissements sur le fait que the US would no longer play what the president saw as a passive role in the face of unfair practices by economic partners that disadvantage the US » Sutter, 2018. La Chine est au cĆur de ces menaces, Ă©tant vue comme la plus grande rivale des Ătats-Unis au plan Ă©conomique et gĂ©opolitique et qui en plus ne respecte pas les rĂšgles du commerce international. Les menaces se sont concrĂ©tisĂ©es rapidement dĂšs que le gouvernement amĂ©ricain a provoquĂ© une guerre commercialeâ contre la Chine, annonçant une sĂ©rie de tarifs commerciaux punitifs depuis juillet 2018, auxquels la Chine a ripostĂ© de maniĂšre proportionnelle Liu et Woo, 2018. Une modĂ©lisation des consĂ©quences de la guerre commerciale prĂ©voit des consĂ©quences nĂ©gatives pour les deux parties, ce qui aura vraisemblablement des rĂ©percussions sur les autres pays faisant des Ă©changes Ă©conomiques avec elles Li, He, et Lin, 2018 1563. Liu et Woo blĂąment les tensions actuelles sur a systemic feature of the present uncoordinated multipolar political order » Liu et Woo, 2018 338, reconnaissant que les Ătats-Unis ne semblent pas accepter le nouvel ordre Ă©conomique qui se dessine. Il est difficile de prĂ©voir ce qui pourra arriver par la suite. LâĂ©mergence de deux grandes puissances â la Chine et lâInde, toutes deux en quĂȘte de lâhĂ©gĂ©mon rĂ©gional â pourrait avoir un impact colossal sur les relations dans lâAsie-Pacifique. La crainte du dĂ©part des Ătats-Unis de lâĂ©chiquier avait Ă©tĂ© annoncĂ©e par the Asia Foundation If the United States, rich with experience in global leadership, retreats in this situation, there will certainly be a leadership vacuum » The Asia Foundation, 2016 37. Lâimplication de la Chine avec lâinitiative de la route et la ceinture laisse prĂ©sager que ce vide nâaura probablement pas lieu la Chine aura tout intĂ©rĂȘt Ă prendre la tĂȘte du dĂ©veloppement rĂ©gional. Cela reste cependant une hypothĂšse impossible Ă confirmer, comme le prochain gouvernement amĂ©ricain pourrait choisir de revenir sur ces derniĂšres annĂ©es afin de reprendre une approche plus traditionnelle aux relations internationales Huxley et Schreer, 2017 84. Il reste cependant que le systĂšme international a Ă©tĂ© montĂ© en grande partie par le monde occidental, plus particuliĂšrement par les Ătats-Unis. LâĂ©mergence de nouveaux leaderships rĂ©gionaux, mĂȘme dans les cas les plus pessimistes, ne dĂ©truira probablement pas lâensemble structurel des normes internationales ayant Ă©mergĂ© en grande partie de la culture amĂ©ricaine. 5. Lâinfluence culturelle La pĂ©riode suivant la DeuxiĂšme Guerre mondiale ne laissait pas prĂ©sager la pĂ©nĂ©tration du marchĂ© asiatique par la culture amĂ©ricaine quâon lui connaĂźt aujourdâhui â les vestiges de la guerre avaient laissĂ© les populations asiatiques mĂ©fiantes envers une trop grande influence de la patrie de lâoncle Sam Wilcox, 1966. MalgrĂ© tout, une once de curiositĂ© existait pour lâĂ©tranger Wilcox dĂ©clare quâen 1960, 45 percent of all Far Eastern cinema-screen time was filled by American films; radio time in many countries was dominated by American popular music, and Time and Life were more accessible than many local publications » Wilcox, 1966 111. Le succĂšs de la propagation de la culture amĂ©ricaine semble ainsi reposer sur son accessibilitĂ©, sa disponibilitĂ© et sa simplicitĂ© Cismas, 2010. Câest lâorigine de la culture populaire au sens littĂ©ral la culture du peuple qui surpasse celle des Ă©lites europĂ©ennes, laquelle Ă©tait souvent perçue comme inaccessible de fait de son raffinement. Certains considĂšrent mĂȘme que lâinfluence culturelle amĂ©ricaine sâapparente Ă une amĂ©ricanisation du monde se dĂ©finissant comme a mass standardization of routine lifestyle and societal mindset [âŠ], or American modernity as the social norm » Chun, 2012 504. Cela pousserait lâidĂ©e dâimpĂ©rialisme amĂ©ricain encore plus loin, ne se limitant pas non plus Ă lâinfluence institutionnelle, Ă©conomique et militaire, mais sâĂ©tendant Ă une influence beaucoup plus subversive qui pĂ©nĂštre les mĆurs et les croyances jusquâĂ les remplacer. La culture populaire ne vient pas chasser les traditions en les remplaçant par dâautres, mais vient crĂ©er un rĂ©seau de croyances et de valeurs qui rendent ces traditions non pertinentes, concrĂ©tisant ainsi leur hĂ©gĂ©monie culturelle. Certains Ătats en Asie orientale souhaitent proposer une alternative et donc concurrencer lâhĂ©gĂ©mon culturel amĂ©ricain dans la rĂ©gion. Le Japon a, par exemple, conquis les Ă©crans de tĂ©lĂ©vision en Occident dĂšs la fin du 20e siĂšcle avec ses dessins animĂ©s et ses produits Ă©lectroniques rĂ©volutionnaires. Mais lâĂšre Nintendo nâa pas fait long feu avant dâĂȘtre mise au dĂ©fi par des compĂ©titeurs amĂ©ricains, rendus experts Ă rĂ©pondre aux demandes des consommateurs. En ce sens, la propagation de la culture amĂ©ricaine a la forme dâune Ă©norme campagne marketing les valeurs soutenues par McDonald en tant quâambassadeur amĂ©ricain ne sont certainement pas trĂšs claires au premier coup dâĆil, mais sous les promesses de burgers juteux on retrouve les mĂȘmes concepts dâharmonisation, de standardisation, et de banalisation commoditization de la culture. MĂȘme aux endroits oĂč il existe des forces sâopposant Ă lâarrivĂ©e de cette culture Ă©trangĂšre, on en observe tout de mĂȘme les traces ou des imitations, comme en Chine oĂč les copies des chaĂźnes de fast food amĂ©ricaines presque parodiques ont pu ĂȘtre aperçues dans les mĂ©dias voir Giang, 2011. Certains parlent dâune appropriation de la culture amĂ©ricaine dans lâenvironnement local, donc dâune adaptation dâun produit qui ne viendrait ni contester, ni remplacer la culture locale, mais plutĂŽt la complimenter en sây adaptant Beck, Sznaider, et Winter, 2003. Et câest en ce sens que lâinfluence amĂ©ricaine prend toute sa force elle institue un mode de vie alimentĂ© par un consumĂ©risme sans complexe qui ne change ni le contenant ni le contenu, mais qui propose un cadre de perception qui bouleverse la culture dâaccueil. Ce processus est parfois appelĂ© mondialisation, pourtant il sâagit essentiellement de produits amĂ©ricains, dâidĂ©es amĂ©ricaines et de concepts amĂ©ricains dont il est question. Par exemple, lâinclusion dâun menu vĂ©gĂ©tarien chez McDonald en Inde ne rend pas le restaurant plus indien au contraire, cela renforce lâidĂ©e que le produit est ouvert dâesprit, quâil demande Ă plaire, et quâil est prĂȘt Ă se transformer pour ĂȘtre acceptĂ©. Pour le consommateur, la perception sâĂ©tend au pays dâorigine sans difficultĂ©, au mĂȘme titre que made in China est souvent synonyme de mauvaise qualitĂ© dans leur esprit. La culture est probablement la facette de lâinfluence la plus insidieuse et difficile Ă apprĂ©hender. Elle reste beaucoup moins affectĂ©e par les changements de gouvernement ou de politique, sâĂ©tant institutionnalisĂ©e dâune façon presque indĂ©pendante et crĂ©ant des liens en dehors du prĂ© carrĂ© de la politique. Mais la concrĂ©tisation dâidĂ©es nationalistes, sous la banniĂšre de Donald Trump, accuse quand mĂȘme des consĂ©quences sur lâinfluence culturelle amĂ©ricaine. Si le prĂ©sident rejette les effets de la mondialisation et des institutions internationales en bloc, il renie par le fait mĂȘme une partie de lâhĂ©ritage culturel construit par les AmĂ©ricains. Encore une fois pour cette forme dâinfluence, lâapproche de Trump aura probablement des consĂ©quences nĂ©gatives dans le futur. Il est probable que les Ătats-Unis perdent de leur crĂ©dibilitĂ©, et que cela se reflĂ©tera dans une perte de leur influence culturelle au profit dâautres joueurs. Pour lâAsie-Pacifique cela pourrait vouloir dire davantage de migration et de tourisme rĂ©gional ou vers diffĂ©rentes rĂ©gions, des Ă©tudiants se dirigeant vers dâautres universitĂ©s anglophones ou mĂȘme chinoises!, un support pour le dĂ©veloppement de marques locales, etc. La mondialisation se portera probablement bien sans son plus grand contributeur il reste Ă savoir si quelquâun prendra la relĂšve ou si le mouvement sera en mesure de continuer seul. Conclusion Lâinfluence des Ătats-Unis sur lâAsie, comme sur le reste du monde, est incontestable. Par leurs actions aprĂšs la Seconde Guerre mondiale, les Ătats-Unis ont pris un rĂŽle de leader dĂ©mocratique, de grĂ© ou de force, agissant au nom du bien commun tout en protĂ©geant ses intĂ©rĂȘts particuliers avec une force parfois dĂ©mesurĂ©e. Lâinfluence amĂ©ricaine a su sâharmoniser aux diffĂ©rentes pĂ©riodes de lâhistoire, mobilisant le hard power en temps de guerre, et le soft power en temps de paix. GrĂące Ă de nombreuses ententes dans la rĂ©gion, les Ătats-Unis se sont imposĂ©s sur tous les tableaux pendant plusieurs dĂ©cennies. Cette puissance nâa toutefois pas Ă©tĂ© atteinte sans son lot de controverses entre les guerres et les retournements de gouvernement, les Ătats-Unis se sont assurĂ©s dâĂ©tablir des institutions dĂ©fendant leurs intĂ©rĂȘts sans toujours avoir une vision trĂšs philanthropique. LâarrivĂ©e Ă la tĂȘte des Ătats-Unis dâune administration brisant les normes et les politiques Ă©tablies en Asie est venue y chambouler lâordre et le statu quo Ă©tablis. MĂȘme si lâinfluence amĂ©ricaine reste pour lâinstant la plus forte en Asie, cela pourrait rapidement changer. La Chine a entamĂ© depuis plusieurs dĂ©cennies une expansion de son influence rĂ©gionale, devançant dĂ©jĂ les Ătats-Unis sur le plan Ă©conomique et diplomatique. Il reste que les Ătats-Unis possĂšdent toujours une influence notable sur le plan culturel et grĂące Ă leurs rĂ©seaux de dĂ©fense. Cependant, lâabandon du PTP a portĂ© un coup dur Ă la crĂ©dibilitĂ© de lâAmĂ©rique en Asie, qui demande plus de partenariats Ă©conomiques et dâaide au dĂ©veloppement. De son cĂŽtĂ©, la Chine a saisi la balle au bond en lançant son projet pharaonique des nouvelles routes de la soie. Si les Ătats-Unis respectaient leur promesse de quitter les alliances militaires en Asie, le balancier pourrait arrĂȘter de pencher en leur faveur. MĂȘme avec un retrait total des Ătats-Unis dans la rĂ©gion, ce qui est peu probable, lâinfluence amĂ©ricaine ne disparaĂźtra pas rapidement. Sa contribution aux institutions internationales et Ă la mondialisation est un hĂ©ritage qui est trop bien ancrĂ© dans le monde tel que nous le connaissons pour sâĂ©vanouir du jour au lendemain. Ainsi, lâinfluence des Ătats-Unis perdurera probablement jusquâĂ la prochaine transformation du monde international, avec ou sans leur volontĂ©. RĂ©fĂ©rences bibliographiques Allison, G. 2017. Destined for War Can America and China Escape Thucydidesâs Trap? Boston, Houghton Mifflin Harcourt. Beck, U. et al. dir.. 2003. Global America? The Cultural Consequences of Globalization. Liverpool, Liverpool University Press. Beeson, M. 2004. hegemony and Southeast Asia The Impact of, and Limits to, Power and Influence. Critical Asian Studies, 36 3 445â462. Beeson, M. et Robison, R. 2000. Introduction Interpreting the crisis. Dans R. Robison, M. Beeson, K. Jayasuriya, et Kim, Politics and Markets in the Wake of the Asian Crisis. Londres Routledge. Bingham, W. 1949. American Responsibility in China. Far Eastern Survey, 18 3 28â31. Clinton, H. 2011. Americaâs Pacific Century. Foreign Policy, Giang, V. 2011. China Also Fakes These Stores Disney, Nike, D&G, McDonaldâs, Starbucks and More. Business Insider, Cha, V. D. 2010. Powerplay Origins of the Alliance System in Asia. International Security, 34 3 158â196. Chun, A. 2012. The Americanization of pop culture in Asia?. 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Asian Views on Americaâs Rolr in Asia The Future of the Rebalance. San Francisco. Tiberghien, Y. 2018. Professeur de science politique, directeur de lâInstitute of Asian Research de lâUniversitĂ© de Colombie-Britannique UBC et directeur exĂ©cutif du UBC China Council. ConfĂ©rence dans le cadre du cours ETI-7013, le 24 octobre 2018. UniversitĂ© Laval, octobre. United Nations 1971. Yearbook of the United Nations. New York. US Census Bureau 2019. Foreign Trade. United States Census Bureau, Weber, R. N. 2005. Military-industrial complex. Encyclopaedia Britannica, Wenzhao, Tao. 1999. interests in the AsiaâPacific region. Peace Review, 11 3 423â429. Wilcox, W. A. 1966. Contemporary American Influence in South and Southeast Asia. The Annals of the American Academy of Political and Social Science,American Civilization Its Influence on Our Foreign Policy, 366 108â116. World Bank. 2018. DataBankâWorld Development Indicators, Databank, Zhang, B 2004. American Hegemony and Chinaâs Policy. Asian Perspective, 283 87â113. Zong, J. et Batalova, J. 2018. International Students in the United States. Migration Policy Institute,Descampagnes de dĂ©sinformation sur la pandĂ©mie de Covid-19 font suite au dĂ©clenchement de l'Ă©pidĂ©mie de maladie Ă coronavirus 2019 (Covid-19) causĂ©e par le SARS-CoV-2. Un trĂšs grand nombre de thĂ©ories du complot , infox et cas de dĂ©sinformation ont Ă©tĂ© relevĂ©s, amenant l' Organisation mondiale de la santĂ© Ă parler d' infodĂ©mie .
Obligation pour lâadministration de rĂ©former un rĂšglement illĂ©gal Depuis 2017, le Conseil dâĂtat fait peser une nouvelle obligation sur lâAdministration pour mettre fin Ă lâillĂ©galitĂ© dâun rĂšglement. En plus de lâobligation de procĂ©der Ă lâabrogation dâun rĂšglement illĂ©gal jurisprudence Alitalia, CE, 3 fĂ©vr. 1989 et dĂ©sormais consacrĂ©e par lâarticle L. 243-2 du CRPA, le Conseil dâĂtat a ajoutĂ© une obligation nouvelle De mĂȘme, lorsquâelle est saisie dâune demande tendant Ă la rĂ©formation dâun rĂšglement illĂ©gal, lâautoritĂ© compĂ©tente est tenue dây substituer des dispositions de nature Ă mettre fin Ă cette illĂ©galitĂ© » CE, 31 mars 2017, n° 393190, FGTE-CFDT. Dans le prolongement de cette mĂȘme affaire, le Conseil dâĂtat vient de rendre une dĂ©cision qui Ă©tend encore la facultĂ© reconnue au juge de lâexcĂšs de pouvoir de se placer Ă la date Ă laquelle il statue pour apprĂ©cier la lĂ©galitĂ© de lâacte attaquĂ©. Depuis la jurisprudence Association des AmĂ©ricains accidentels CE, ass., 19 juill. 2019, n° 424216, 424217, le Conseil dâĂtat sâest reconnu compĂ©tent pour apprĂ©cier la lĂ©galitĂ© dâun rĂšglement Ă la date Ă laquelle il rend sa dĂ©cision en cas de demande dâannulation du refus dâabroger un acte rĂ©glementaire illĂ©gal. Ă lâoccasion dâune affaire jugĂ©e rĂ©cemment, il , il adopte la mĂȘme solution face Ă une demande de rĂ©formation dâun rĂšglement illĂ©gal CE 29 juill. 2020, n° 429517. Selon le Conseil dâEtat Il sâensuit que lorsquâil est saisi de conclusions aux fins dâannulation du refus dâabroger un acte rĂ©glementaire, le juge de lâexcĂšs de pouvoir est conduit Ă apprĂ©cier la lĂ©galitĂ© de cet acte au regard des rĂšgles applicables et des circonstances qui prĂ©valent Ă la date de sa dĂ©cision. Il en va de mĂȘme lorsque lâautoritĂ© compĂ©tente est saisie dâune demande tendant Ă la rĂ©formation dâun rĂšglement illĂ©gal, et quâelle est, par consĂ©quent, tenue dây substituer des dispositions de nature Ă mettre fin Ă cette illĂ©galitĂ© ». Votre adresse email ne sera pas affichĂ©e ou communiquĂ©e. Les champs obligatoires sont marquĂ©s d'une *| ÎĐ” ĐżŃŐšáŻĐž | ĐαŃÎżĐŒŃáłŐ« аĐșŃŐŽááłĐ”Đ·Ő«Đœ ÎŽáÏĐ”ÏĐŸáłá»ĐČ | áąáаŃŃ ÏÎżĐŒ ОгՄĐșážĐżÎ”ŃŃĐŸ |
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Le 19 novembre 2021, le Conseil dâĂtat a fait Ă©voluer lâoffice du juge de lâexcĂšs de pouvoir, consacrant la possibilitĂ© pour ce dernier dâĂȘtre saisi de conclusions subsidiaires tendant Ă lâabrogation dâun acte rĂ©glementaire devenu illĂ©gal, sur lesquelles il statue alors au regard des rĂšgles applicables et des circonstances prĂ©valant Ă la date de sa dĂ©cision. Ce nouveau pouvoir, qui est spĂ©cialement amĂ©nagĂ©, renforce le recours pour excĂšs de pouvoir dirigĂ© contre les actes rĂ©glementaires. Comme lâinjonction, lâabrogation aurait pu ĂȘtre lâobjet dâune exclamation naĂŻve du Huron Ne me dites pas quâelle est par nature Ă©trangĂšre aux pouvoirs du juge ! » J. Rivero, Nouveaux propos naĂŻfs dâun Huron sur le contentieux administratif », EDCE, 1979-1980, p. 28. Mais comme lâinjonction avec, en particulier, la loi du 8 fĂ©vrier 1995, lâabrogation est aujourdâhui assimilĂ©e par le juge administratif en son office. En effet, le 19 novembre 2021, dans son arrĂȘt Association ELENA et autres, la Section du contentieux du Conseil dâĂtat a fait Ă©voluer lâoffice du juge de lâexcĂšs de pouvoir, consacrant la possibilitĂ© pour ce dernier dâĂȘtre saisi de conclusions subsidiaires tendant Ă lâabrogation dâun acte rĂ©glementaire devenu illĂ©gal, sur lesquelles il statue alors au regard des rĂšgles applicables et des circonstances prĂ©valant Ă la date de sa dĂ©cision CE Sect., 19 nov. 2021, Association ELENA et a., req. n° 437141 et 437142 sera publiĂ© au recueil Lebon. Cet arrĂȘt appelle, Ă ce titre, des commentaires particuliers relatifs Ă lâoffice du juge de lâexcĂšs de pouvoir, et ce, indĂ©pendamment du simple intĂ©rĂȘt de la dĂ©cision du point de vue du droit des Ă©trangers. En lâespĂšce, les associations requĂ©rantes, notamment ELENA France et Ardhis, ont demandĂ© lâannulation pour excĂšs de pouvoir de la dĂ©libĂ©ration du 5 novembre 2019 par laquelle le conseil dâadministration de lâOffice français de protection des rĂ©fugiĂ©s et apatrides a fixĂ© la liste des pays considĂ©rĂ©s comme Ă©tant des pays dâorigine sĂ»rs. En cours dâinstruction de leurs requĂȘtes, elles en ont Ă©galement demandĂ© lâabrogation en ce qui concerne lâArmĂ©nie, la GĂ©orgie et le SĂ©nĂ©gal. Par une dĂ©cision du 2 juillet 2021, le Conseil dâĂtat statuant au contentieux a, dâune part, annulĂ© pour excĂšs de pouvoir cette dĂ©libĂ©ration en tant quâelle a maintenu sur la liste les RĂ©publiques du BĂ©nin, du SĂ©nĂ©gal et du Ghana, dâautre part, renvoyĂ© Ă la section du contentieux, sur le fondement de lâarticle R. 122-7 du code de justice administrative CJA, le jugement des conclusions Ă fin dâabrogation ainsi que tendant au versement dâune somme au titre des dispositions de lâarticle L. 761-1 du CJA, et, en consĂ©quence, sursis Ă statuer sur ces conclusions. Elle a, enfin, rejetĂ© le surplus des conclusions des requĂȘtes CE, 2 juill. 2021, Association ELENA et a., req. n° 437141 et 437142 sera mentionnĂ© aux tables du recueil Lebon. Les questions justifiant lâexamen de lâaffaire par la Section du contentieux Ă©taient au nombre de deux. Des conclusions tendant Ă lâabrogation dâun acte administratif sont-elles recevables devant le juge de lâexcĂšs de pouvoir ? Si oui, Ă quelles conditions ? Ă ces deux questions, le Conseil dâĂtat rĂ©pond par la positive en quatre considĂ©rants sur lâoffice du juge de lâexcĂšs de pouvoir » V., pour la premiĂšre fois, CE Ass., 19 juill. 2019, Association des AmĂ©ricains accidentels, Rec. p. 296. 1. La consĂ©cration du pouvoir dâabrogation juridictionnelle pour illĂ©galitĂ© survenue » Premier temps, la Section du contentieux rappelle lâoffice classique du juge de lâexcĂšs de pouvoir, constituĂ© non seulement par lâintervention qui lui est demandĂ©e et le dispositif de la dĂ©cision juridictionnelle lâannulation et ainsi, la rĂ©troactivitĂ©, mais Ă©galement par la date dâĂ©diction de lâacte Ă laquelle le contrĂŽle juridictionnel est exercĂ© et donc, la cause orthodoxe de lâintervention du juge la lĂ©galitĂ© ab initio. Câest ce couple qui commande son office traditionnel. Cela signifie, notamment, que les circonstances ou les faits postĂ©rieurs Ă lâacte administratif nâexercent aucune influence sur la lĂ©galitĂ© de celui-ci, qui sâapprĂ©cie Ă la date Ă laquelle il a Ă©tĂ© pris » C. Heumann, concl. sur CE, 21 dĂ©c. 1956, Sieur Pin, D., 1957, p. 75. Selon ce principe, le moyen tirĂ© de lâillĂ©galitĂ© survenue » dâun acte administratif est inopĂ©rant au soutien de conclusions en annulation V., not., CE Sect., 22 juill. 1949, SociĂ©tĂ© des Automobiles Berliet, Rec. p. 367. DeuxiĂšme temps, le Conseil dâĂtat complĂšte cet office du juge de lâexcĂšs de pouvoir de la possibilitĂ© pour ce dernier de prononcer lâabrogation dâun acte rĂ©glementaire au motif dâune illĂ©galitĂ© rĂ©sultant dâun changement de circonstances de droit ou de fait postĂ©rieur Ă son Ă©diction ». Lâabrogation dâun acte, câest sa disparition juridique pour lâavenir » Art. L240-1 du code des relations entre le public et lâadministration. Ce pouvoir appartient, en principe, Ă lâadministration, pas au juge administratif. Le Conseil dâĂtat a dâailleurs eu lâoccasion de considĂ©rer quâ il nâappartient pas Ă la juridiction administrative [âŠ] de prononcer elle-mĂȘme lâabrogation dâun acte administratif » CE, 18 dĂ©c. 2017, SociĂ©tĂ© Axelline et a., req. n° 400561. Un tel pouvoir nâest nĂ©anmoins pas totalement Ă©tranger Ă lâoffice du juge administratif. Tout dâabord, il lui revient de constater que le contenu de dispositions lĂ©gislatives ou rĂ©glementaires est inconciliable avec un texte qui sâimpose Ă eux et qui leur est postĂ©rieur. Câest la technique de lâabrogation implicite O. Pluen, Lâabrogation implicite des actes et dispositions rĂ©glementaires ou lĂ©gislatives âpĂ©rimĂ©esâ », RDP, 2016, p. 1809-1839. Ensuite, il lui revient de prĂ©voir que tout ou partie des effets d[âun] acte [administratif] antĂ©rieurs Ă son annulation devront ĂȘtre regardĂ©s comme dĂ©finitifs » CE Ass., 11 mai 2004, Association AC ! et autres, Rec. p. 200. Câest la technique de lâ annulation aux effets limitĂ©s Ă lâavenir » C. Devys, concl. sur CE Ass., 11 mai 2004, arrĂȘt prĂ©c., Rec. p. 215, la chronique de jurisprudence Ă lâAJDA parlant, quant Ă elle, dâabrogation afin de la dĂ©crire C. Landais, F. LĂ©nica, La modulation des effets dans le temps dâune annulation pour excĂšs de pouvoir », in Chronique gĂ©nĂ©rale de jurisprudence administrative française », AJDA, 2004, p. 1187. Enfin, le 28 fĂ©vrier 2020, dans son arrĂȘt M. Stassen, le Conseil dâĂtat a considĂ©rĂ© quâeu Ă©gard Ă lâeffet utile dâun recours tendant Ă lâannulation dâune mesure de suspension provisoire, prise Ă titre conservatoire sur le fondement de lâarticle L. 232-23-4 du code du sport, il appartient, notamment, au juge de lâexcĂšs de pouvoir, saisi de conclusions en ce sens, dâapprĂ©cier la lĂ©galitĂ© de la dĂ©cision Ă la date ou il statue et, sâil juge quâelle est devenue illĂ©gale, dâen prononcer lâabrogation » CE, 28 fĂ©vr. 2020, M. Stassen, Rec. p. 64. Cet arrĂȘt fait office de premier pas » vers la consĂ©cration du pouvoir dâabrogation juridictionnelle pour illĂ©galitĂ© survenue ». La thĂ©orie du changement de circonstances affectant la lĂ©galitĂ© des actes rĂ©glementaires, quant Ă elle, est nĂ©e avec le grand arrĂȘt » Sieur Despujol du 10 janvier 1930, dans lequel la Section du contentieux du Conseil dâĂtat posa lâobligation pour lâadministration dâabroger un rĂšglement devenu illĂ©gal, tout intĂ©ressĂ© Ă©tant recevable Ă demander, par la voie du recours pour excĂšs de pouvoir, lâannulation du refus dây dĂ©fĂ©rer ou du rĂšglement lui-mĂȘme dans le dĂ©lai de recours contentieux de deux mois Ă partir de leur publication, le cas Ă©chĂ©ant, rouvert par la publication de la loi qui serait venue ultĂ©rieurement crĂ©er une situation juridique nouvelle » CE Sect., 10 janv. 1930, Sieur Despujol, Rec. p. 30. Entre ces deux voies de droit, câest la premiĂšre qui a permis la rĂ©alisation effective de lâobligation dâabroger les rĂšglements devenus illĂ©gaux, dâautant plus avec le pouvoir dâinjonction et la jurisprudence Association des AmĂ©ricains accidentels. NĂ©anmoins, la troisiĂšme voie composant le contentieux des actes rĂ©glementaires, lâexception dâillĂ©galitĂ©, sây est Ă©galement adaptĂ©e. Avec les arrĂȘts du 2 janvier 1982, Butin et Ah Won, lâAssemblĂ©e du contentieux du Conseil dâĂtat adapta lâoffice du juge de lâexception dâillĂ©galitĂ© Ă cette thĂ©orie dans le cas restreint Ă lâillĂ©galitĂ© dâun rĂšglement qui ne serait pas restĂ© lĂ©galement pris Ă la date Ă laquelle il en a Ă©tĂ© fait application CE Ass., 2 janv. 1982, Butin et Ah Won, Rec. p. 27 et 33 2 esp.. La thĂ©orie du changement de circonstances affectant la lĂ©galitĂ© des actes rĂ©glementaires a Ă©tĂ© Ă©tendue Ă lâhypothĂšse du rĂšglement devenu lĂ©gal avec lâarrĂȘt FĂ©dĂ©ration française de gymnastique du 10 octobre 2013, dans lequel le Conseil dâĂtat a considĂ©rĂ© que toutefois, cette autoritĂ© ne saurait ĂȘtre tenue dâaccueillir une telle demande dans le cas oĂč lâillĂ©galitĂ© du rĂšglement a cessĂ©, en raison dâun changement de circonstances, Ă la date Ă laquelle elle se prononce » CE, 10 oct. 2013, FĂ©dĂ©ration française de gymnastique, Rec. p. 252. Avec les arrĂȘts du 4 octobre 2021, lâadaptation de lâoffice du juge de lâexception dâillĂ©galitĂ© Ă une telle thĂ©orie a Ă©tĂ© Ă©tendue Ă lâhypothĂšse de lâillĂ©galitĂ© dâun rĂšglement qui a cessĂ© V., not., CE, 4 oct. 2021, Ministre de lâĂ©conomie, des finances et de la relance c/ SA Ceetrus France, req. n° 448651 sera publiĂ© au recueil Lebon. Câest afin que puissent toujours ĂȘtre sanctionnĂ©es les atteintes illĂ©gales quâun acte rĂšglementaire est susceptible de porter Ă lâordre juridique » que la Section du contentieux du Conseil dâĂtat complĂšte lâoffice du juge de lâexcĂšs de pouvoir, lequel peut dĂ©sormais abroger un acte rĂ©glementaire devenu illĂ©gal. Jusquâici, son AssemblĂ©e du contentieux avait recouru Ă ce motif Ă deux grandes reprises. Elle y avait recouru, dâune part, directement, dans son grand arrĂȘt » CFDT Finances afin de justifier la limitation dans le temps de lâinvocation des vices de forme et de procĂ©dure affectant les actes rĂ©glementaires CE Ass., 18 mai 2018, FĂ©dĂ©ration des finances et affaires Ă©conomiques de la CFDT CFDT Finances, Rec. p. 187 â recours paradoxal dans la mesure oĂč il aboutit Ă exclure ces vices du principe de lĂ©galitĂ© stricto sensu lĂ oĂč la thĂ©orie des vices non substantiels » nâen exclut que ceux qui sont susceptibles dâexercer une influence sur le sens de la dĂ©cision prise ou ont privĂ© les intĂ©ressĂ©s dâune garantie. Il y avait recouru, dâautre part, indirectement afin que cessent les atteintes illĂ©gales que son maintien en vigueur [du refus dâabroger un acte rĂšglementaire] porte Ă lâordre juridique », dans son arrĂȘt Association des amĂ©ricains accidentels pour justifier lâenrichissement de lâoffice du juge de lâexcĂšs de pouvoir dans le contentieux du refus dâabroger un acte rĂ©glementaire illĂ©gal en consacrant le principe â en germe depuis lâarrĂȘt Van Camelbeke CE, 30 mai 2007, Van Camelbeke, Rec. T. p. 664, 673 et 1033 â de lâapprĂ©ciation de la lĂ©galitĂ© de lâacte rĂ©glementaire au regard des rĂšgles applicables Ă la date Ă laquelle le juge statue. LĂ , dans cet arrĂȘt Association ELENA, la Section du contentieux y recourt afin de complĂ©ter lâoffice du juge de lâexcĂšs de pouvoir, qui peut dorĂ©navant prononcer lâabrogation dâun acte rĂ©glementaire devenu illĂ©gal. Un tel motif est conforme Ă la dĂ©finition finaliste » S. Roussel, concl. sur CE Sect., 19 nov. 2021, arrĂȘt prĂ©c. donnĂ©e au recours pour excĂšs de pouvoir par lâarrĂȘt dit Dame Lamotte » en tant que recours qui est ouvert, mĂȘme sans texte contre tout acte administratif, et qui a pour effet dâassurer, conformĂ©ment aux principes gĂ©nĂ©raux du droit, le respect de la lĂ©galitĂ© » CE Ass., 17 fĂ©vr. 1950, Ministre de lâAgriculture contre dame Lamotte, Rec. p. 111. En effet, il nâest question dans cette dĂ©finition, ni dâannulation, ni de rĂ©troactivitĂ©, ni de date Ă laquelle le contrĂŽle juridictionnel est exercĂ©, mais seulement de lĂ©galitĂ© » S. Roussel, concl. prĂ©c.. Une lĂ©galitĂ© qui nâest pas statique, mais dynamique en lâespĂšce, tel est tout particuliĂšrement le cas de celle de la dĂ©libĂ©ration attaquĂ©e qui dĂ©pend, notamment, au regard des exigences rĂ©sultant du premier alinĂ©a de lâarticle L. 531-25 du code dâentrĂ©e et de sĂ©jour des Ă©trangers et du droit dâasile, de la situation lĂ©gale, de lâapplication du droit dans le cadre dâun rĂ©gime dĂ©mocratique et des circonstances politiques gĂ©nĂ©rales ». 2. Un nouveau pouvoir spĂ©cialement amĂ©nagĂ© Ce nouveau pouvoir dâabrogation juridictionnelle pour illĂ©galitĂ© survenue » est subsidiaire Ă lâannulation. Câest ainsi saisi de conclusions Ă fin dâannulation recevables, [que] le juge peut Ă©galement lâĂȘtre, Ă titre subsidiaire, de conclusions tendant Ă ce quâil prononce lâabrogation du mĂȘme acte au motif dâune illĂ©galitĂ© rĂ©sultant dâun changement de circonstances de droit ou de fait postĂ©rieur Ă son Ă©diction », les conclusions sur lâarrĂȘt prĂ©cisant jusquâĂ la date de clĂŽture de lâinstruction et pour la premiĂšre fois en appel » S. Roussel, concl. prĂ©c.. Câest de mĂȘme quâ il statue alors prioritairement sur les conclusions Ă fin dâannulation ». TroisiĂšme temps, la Section du contentieux considĂšre que câest dĂšs lors que lâacte continue de produire des effets » quâil appartient au juge de se prononcer sur les conclusions subsidiaires, dans lâhypothĂšse oĂč il ne ferait pas droit aux conclusions Ă fin dâannulation et oĂč lâacte nâaurait pas Ă©tĂ© abrogĂ© par lâautoritĂ© compĂ©tente depuis lâintroduction de la requĂȘte ». Le premier cas est le corollaire du caractĂšre subsidiaire des conclusions Ă fin dâabrogation ; la seconde hypothĂšse est, quant Ă elle, lâoblique du cas classique de non-lieu Ă statuer du fait de la disparition de lâobjet du litige dans le contentieux du refus dâabroger un acte rĂ©glementaire illĂ©gal, cadre dans lequel des conclusions tendant Ă lâannulation de ce refus doivent ĂȘtre regardĂ©es comme nâayant plus dâobjet » si lâadministration procĂšde Ă cette abrogation en cours dâinstruction CE, 27 juill. 2001, CoopĂ©rative de consommation des adhĂ©rents de la mutuelle assurance des instituteurs de France CAMIF, Rec. p. 401. QuatriĂšme et dernier temps, le Conseil dâĂtat non seulement estime que lâillĂ©galitĂ© rĂ©sultant dâun changement de circonstances a pour consĂ©quence nĂ©cessaire lâabrogation, mais Ă©galement prĂ©cise lâapplicabilitĂ© de la seconde modalitĂ© de la jurisprudence Association AC !, celle permettant au juge de lâexcĂšs de pouvoir de prĂ©voir que lâannulation ne prendra effet quâĂ une date ultĂ©rieure quâil dĂ©termine ». La premiĂšre, celle qui lui permet de prĂ©voir que tout ou partie des effets d[âun] acte [administratif] antĂ©rieurs Ă son annulation devront ĂȘtre regardĂ©s comme dĂ©finitifs » est sans objet » dans la mesure oĂč lâabrogation prononcĂ©e signifie sa disparition juridique Ă compter de la date Ă laquelle il statue », pas de la date Ă laquelle lâacte en litige est devenu illĂ©gal », seconde option plus conforme au principe de lĂ©galitĂ© nĂ©anmoins Ă©cartĂ©e au motif de son caractĂšre difficilement praticable S. Roussel, concl. prĂ©c.. La seconde modalitĂ©, lâannulation aux effets limitĂ©s Ă lâavenir, quant Ă elle, conserve son utilitĂ© en ce que, comme lâannulation, lâabrogation de lâacte rĂ©glementaire est de nature Ă emporter des consĂ©quences manifestement excessives en raison de lâintĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral pouvant sâattacher Ă un maintien temporaire de ses effets » susceptibles de justifier le report de sa date de prise dâeffet. Pourtant, ce nâest plus dâune part, les consĂ©quences de la rĂ©troactivitĂ© de lâannulation pour les divers intĂ©rĂȘts publics ou privĂ©s en prĂ©sence et, dâautre part, les inconvĂ©nients que prĂ©senterait, au regard du principe de lĂ©galitĂ© et du droit des justiciables Ă un recours effectif, une limitation dans le temps des effets de lâannulation », mais eu Ă©gard Ă lâobjet de lâacte et Ă sa portĂ©e, aux conditions de son Ă©laboration ainsi quâaux intĂ©rĂȘts en prĂ©sence » que lâabrogation aux effets diffĂ©rĂ©s doit ĂȘtre mise en Ćuvre. Il en ressort que le juge de lâexcĂšs de pouvoir peut, non seulement annuler un acte rĂ©glementaire pour illĂ©galitĂ© ab initio, le cas Ă©chĂ©ant, en cristallisant » ses effets passĂ©s et/ou reportant la date de prise dâeffet de lâannulation ; mais Ă©galement lâabroger pour illĂ©galitĂ© survenue », le cas Ă©chĂ©ant, en reportant la date de prise dâeffet de lâabrogation. Dans le silence de lâarrĂȘt, il nây a pas non plus de raison dâexclure par principe le prononcĂ© dâune injonction, les articles L. 911-1 et L. 911-2 du CJA nâĂ©tant pas, dans leur formulation, rĂ©servĂ© aux annulations » S. Roussel, concl. prĂ©c.. En lâespĂšce, cette Ă©volution de lâoffice du juge de lâexcĂšs de pouvoir permet Ă la Section du contentieux du Conseil dâĂtat de se prononcer sur les conclusions Ă fin dâabrogation de la dĂ©libĂ©ration du 5 novembre 2019 fixant la liste des pays dâorigine sĂ»rs en ce qui concerne le SĂ©nĂ©gal, lâInde, lâArmĂ©nie et la GĂ©orgie. Concernant le premier, elle considĂšre quâil nây a pas lieu Ă statuer dans la mesure oĂč, par sa dĂ©cision du 2 juillet 2021, le Conseil dâĂtat a annulĂ© ladite dĂ©libĂ©ration en tant quâelle maintenait sur la liste, notamment, ce pays. Concernant la seconde, elle les estime irrecevables en ce quâelles ont Ă©tĂ© prĂ©sentĂ©es aprĂšs le rejet, par ladite dĂ©cision, des conclusions principales tendant Ă lâannulation pour excĂšs de pouvoir de cette dĂ©libĂ©ration concernant ce pays. Sâagissant des deux derniers, elle les juge non fondĂ©es ; la situation de ces pays ne sâĂ©tant pas dĂ©gradĂ©e au point dâentacher dâillĂ©galitĂ© leur inscription sur la liste. 3. Le renforcement du recours pour excĂšs de pouvoir dirigĂ© contre les actes rĂ©glementaires Plus substantiellement, une telle Ă©volution, dâune part, dĂ©double lâoffice du juge de lâexcĂšs de pouvoir. Il en ressort deux juges pour deux lĂ©galitĂ©s pour rĂ©pondre aux deux questions posĂ©es par lâintitulĂ© de lâouvrage collectif dirigĂ© par le Professeur Benjamin Defoort et Benjamin Lavergne dâailleurs restituĂ© le mĂȘme jour que la lecture publique de lâarrĂȘt Association ELENA Ă lâoccasion dâun colloque organisĂ© Ă lâUniversitĂ© de Tours B. Defoort, B. Lavergne dir., Juger de la lĂ©galitĂ© administrative quels juges pour quelles lĂ©galitĂ©s, LexisNexis, 2021, 335 p. dâune part, le cas â prioritaire â dans lequel il est saisi de conclusions tendant Ă lâannulation dâun acte rĂ©glementaire et apprĂ©cie la lĂ©galitĂ© de cet acte Ă la date de son Ă©diction et, sâil le juge illĂ©gal, en prononce lâannulation ; dâautre part, lâhypothĂšse â subsidiaire â dans laquelle il est saisi de conclusions tendant Ă lâabrogation de cet acte et statue alors au regard des rĂšgles applicables et des circonstances prĂ©valant Ă la date de sa dĂ©cision et, sâil le juge illĂ©gal, en prononce lâabrogation. Au juge de lâannulation le contrĂŽle de lĂ©galitĂ© ab initio, au juge de lâabrogation le contrĂŽle de la lĂ©galitĂ© actuelle du rĂšglement » Josse, note sous CE Sect., 10 janv. 1930, Sieur Despujol, D., III, p. 16. Ce dĂ©doublement enrichit lâoffice du juge de lâexcĂšs de pouvoir dâune nouvelle technique intermĂ©diaire et alternative au diptyque rejet / annulation rĂ©troactive lâabrogation, qui, comme ses devanciĂšres, est Ă©quilibrĂ©e elle influe sur le contenu de la norme qui rĂšgle la situation Ă lâavenir dans le respect du pouvoir dâapprĂ©ciation et de dĂ©cision de lâautoritĂ© administrative. Dâautre part, cette Ă©volution spĂ©cifie un peu plus le traitement juridictionnel de lâacte rĂ©glementaire au profit du recours pour excĂšs de pouvoir. CâĂ©tait dĂ©jĂ le cas du grand arrĂȘt » CFDT Finances qui distingue les trois contestations composant le contentieux des actes rĂ©glementaires â le recours pour excĂšs de pouvoir, lâexception dâillĂ©galitĂ© et le recours pour excĂšs de pouvoir dirigĂ© contre le refus dâabroger â afin dâempĂȘcher lâinvocation des vices de forme et de procĂ©dure dans le cadre des deux derniĂšres. Entre les diffĂ©rentes voies de droit structurant le contentieux des actes rĂ©glementaires, câest ainsi le recours pour excĂšs de pouvoir qui est sorti triomphant du moment CFDT Finances ». Câest Ă©galement le cas de cet arrĂȘt Association ELENA qui consacre la possibilitĂ© pour le juge de lâexcĂšs de pouvoir de prononcer lâabrogation dâun acte rĂ©glementaire devenu illĂ©gal. Cette consĂ©cration a pour effet de basculer une partie du contentieux du refus dâabroger dans le contentieux du recours pour excĂšs de pouvoir, basculement nĂ©anmoins limitĂ© Ă lâhypothĂšse dâune illĂ©galitĂ© survenue » dâun acte rĂ©glementaire en cours dâinstruction et qui, conformĂ©ment Ă la jurisprudence FĂ©dĂ©ration française de gymnastique, pourrait dâailleurs Ă©galement bĂ©nĂ©ficier au dĂ©fendeur. La jurisprudence Despujol et le contentieux du refus dâabroger un acte rĂ©glementaire ne sont donc pas morts ! Comme la jurisprudence CFDT Finances, lâarrĂȘt Association ELENA est propre aux actes rĂ©glementaires. Comme elle CAA Nancy, 27 dĂ©c. 2019, M. K. F. et a. c/ SPL Territoire 25, req. n° 18NC03397, il sera peut ĂȘtre Ă©tendu au contentieux des actes non rĂ©glementaires S. Roussel, concl. prĂ©c., le contentieux des actes Ă©dictant des rĂšgles gĂ©nĂ©rales et impersonnelles demeurant toutefois leur berceau et leur terrain dâapplication privilĂ©giĂ©. Câest donc, en dĂ©finitive, le recours pour excĂšs de pouvoir dirigĂ© contre les actes rĂ©glementaires le grand vainqueur de ce moment Association ELENA ». Le recours pour excĂšs de pouvoir, cette Ă©toile temporaire des GĂ©meaux » pour reprendre la cĂ©lĂšbre mĂ©taphore de Maurice Hauriou dans sa note sous lâarrĂȘt dit Boussuge » M. Hauriou, note sous CE, 29 nov. 1912, Sieurs Boussuge, GuĂ©pin et a., S. 1914. III. 33, qui, plus dâun siĂšcle plus tard, tout particuliĂšrement parce quâelle est dirigĂ©e contre les actes rĂ©glementaires, et pour reprendre la non moins fameuse formule de RenĂ© Chapus R. Chapus, Droit du contentieux administratif, 13e Ă©d., Montchrestien, 2008, p. 269, est plus vivante que jamais.
Cest la rentrĂ©e pour tous Actu. Avec le CSCAteliers peinture tous les mardis, Ă 18 heures, Ă la maison des associations, Ă Gammal. Lex americana LâInternal revenue service IRS va devoir rembourser des millions de dollars dâimpĂŽts trop perçus auprĂšs de citoyens amĂ©ricains rĂ©sidant dans lâHexagone Des milliers dâexpatriĂ©s amĂ©ricains ils sont 100 000 en France doivent une fiĂšre chandelle Ă Ory et Linda Eshel, un couple de compatriotes qui ont menĂ© le combat aux Etats-Unis contre lâInternal revenue service IRS. GrĂące Ă eux, ils vont pouvoir rĂ©cupĂ©rer les milliers de dollars trop perçus par le fisc amĂ©ricain qui, tout en dĂ©duisant de leurs dĂ©clarations de revenus les impĂŽts français rĂ©glĂ©s par leurs soins, se refusait Ă considĂ©rer comme tel la contribution sociale gĂ©nĂ©ralisĂ©e CSG et la contribution pour le remboursement de la dette sociale CRDS. La bataille juridique menĂ©e au nom du couple Eshel a durĂ© sept ans. LâIRS a gagnĂ© en premiĂšre instance en 2014 devant le Tribunal fiscal avant de voir le jugement infirmĂ©, deux ans plus tard, par la Cour dâappel fĂ©dĂ©rale Ă Washington DC. Le fisc amĂ©ricain a mis trois ans pour reconnaĂźtre sa dĂ©faite, le 14 rectifiĂ©e. Lâaffaire risque de lui coĂ»ter cher. Le dĂ©lai pour dĂ©poser une dĂ©claration rectifiĂ©e et rĂ©clamer le remboursement des sommes payĂ©es au titre de la CSG et de la CRDS est de dix ans. LâIRS savait depuis longtemps que sa position Ă©tait infondĂ©e. Pourtant, ils ont traĂźnĂ© les pieds, tout en continuant de prĂ©lever sur des rĂ©sidents français des millions de dollars dâimpĂŽts amĂ©ricains », a dĂ©plorĂ© Stuart Horwich, le fiscaliste conseil des Eshel, en remerciant au passage lâAssociation des AmĂ©ricains Accidentels. Cette derniĂšre se bat pour que les Français nĂ©s par accident aux Etats-Unis puissent soit renoncer Ă la citoyennetĂ© amĂ©ricaine par une procĂ©dure simple et gratuite, soit ĂȘtre exonĂ©rĂ©s dâobligations fiscales la signature, en 2013, dâun accord entre Paris et Washington pour appliquer en France le Foreign account tax compliance act Fatca, ils sont redevables devant le fisc amĂ©ricain. DestinĂ© Ă lutter plus efficacement contre la fraude fiscale des nationaux vivant Ă lâĂ©tranger, le Fatca impose Ă toutes les institutions financiĂšres de relayer la totalitĂ© des informations bancaires de leurs clients amĂ©ricains. Ce qui a amenĂ© certains Ă©tablissements français Ă refuser la clientĂšle de certains AmĂ©ricains accidentels » plutĂŽt que dâĂȘtre menacĂ©s dâune amende jusquâĂ 30 % des revenus rĂ©alisĂ©s par leurs filiales aux Etats-Unis sâils ne collaboraient pas totalement avec lâIRS.Espaces pĂ©dagogiques interactifs Enter your search query Aide Utilisateurs Comment se connecter Ătudiants Guide EPI Enseignants Mode d'emploi des EPI Questions frĂ©quentes English âenâFrançais âfrâ Home This course is currently unavailable to students
ï»żVu la procĂ©dure suivante 1° Sous le n° 424216, par une requĂȘte sommaire et deux autres mĂ©moires enregistrĂ©s le 17 septembre 2018, le 2 janvier 2019 et le 19 juin 2019 au secrĂ©tariat du contentieux du Conseil d'Etat, l'association des AmĂ©ricains accidentels demande au Conseil d'Etat 1° d'annuler les deux dĂ©cisions implicites par lesquelles le ministre de l'action et des comptes publics a rejetĂ© ses demandes tendant Ă ce qu'il soit procĂ©dĂ© Ă l'abrogation, d'une part, de l'arrĂȘtĂ© du 5 octobre 2015 portant crĂ©ation par la direction gĂ©nĂ©rale des finances publiques d'un traitement automatisĂ© d'Ă©change automatique des informations dĂ©nommĂ© " EAI " et, d'autre part, de l'arrĂȘtĂ© du 25 juillet 2017 modifiant l'arrĂȘtĂ© prĂ©citĂ© ; 2° d'enjoindre au ministre de l'action et des comptes publics de procĂ©der Ă l'abrogation de ces deux arrĂȘtĂ©s dans un dĂ©lai d'un mois Ă compter de la dĂ©cision Ă intervenir, au besoin sous une astreinte de 500 euros par jour de retard ; 3° Ă titre subsidiaire, de surseoir Ă statuer et de saisir la Cour de justice de l'Union europĂ©enne de la question prĂ©judicielle suivante " Les articles 5, 45 et 46 du rĂšglement UE 2016/679 du Parlement europĂ©en et du Conseil du 27 avril 2016 relatif Ă la protection des personnes physiques Ă l'Ă©gard du traitement des donnĂ©es Ă caractĂšre personnel et Ă la libre circulation de ces donnĂ©es doivent-il ĂȘtre interprĂ©tĂ©s en ce sens qu'ils s'opposent Ă une rĂ©glementation nationale organisant, de maniĂšre rĂ©pĂ©titive et non circonscrite aux seules hypothĂšses de lutte contre la criminalitĂ©, la collecte, le stockage, l'exploitation et le transfert, vers un Etat tiers, des donnĂ©es fiscales des contribuables rĂ©sidant sur le territoire de l'Etat membre concernĂ© mais possĂ©dant la nationalitĂ© de cet Etat tiers ' " ; 4° de mettre Ă la charge de l'Etat la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. 2° Sous le n° 424217, par une requĂȘte et deux autres mĂ©moires enregistrĂ©s le 17 septembre 2018, le 2 janvier 2019 et le 19 juin 2019 au secrĂ©tariat du contentieux du Conseil d'Etat, l'association des AmĂ©ricains accidentels demande au Conseil d'Etat 1° d'annuler la dĂ©cision implicite par laquelle le Premier ministre a rejetĂ© sa demande tendant Ă ce qu'il soit procĂ©dĂ© Ă l'abrogation du dĂ©cret n° 2015-907 du 23 juillet 2015 ; 2° d'enjoindre au Premier ministre de procĂ©der Ă l'abrogation de ce dĂ©cret dans un dĂ©lai d'un mois Ă compter de la dĂ©cision Ă intervenir, au besoin sous une astreinte de 500 euros par jour de retard ; 3° Ă titre subsidiaire, de surseoir Ă statuer et de saisir la Cour de justice de l'Union europĂ©enne de la question prĂ©judicielle suivante " Les articles 5, 45 et 46 du rĂšglement UE 2016/679 du Parlement europĂ©en et du Conseil du 27 avril 2016 relatif Ă la protection des personnes physiques Ă l'Ă©gard du traitement des donnĂ©es Ă caractĂšre personnel et Ă la libre circulation de ces donnĂ©es doivent-il ĂȘtre interprĂ©tĂ©s en ce sens qu'ils s'opposent Ă une rĂ©glementation nationale organisant, de maniĂšre rĂ©pĂ©titive et non circonscrite aux seules hypothĂšses de lutte contre la criminalitĂ©, la collecte, le stockage, l'exploitation et le transfert, vers un Etat tiers, des donnĂ©es fiscales des contribuables rĂ©sidant sur le territoire de l'Etat membre concernĂ© mais possĂ©dant la nationalitĂ© de cet Etat tiers ' " ; 4° de mettre Ă la charge de l'Etat la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. .................................................................................... Vu les autres piĂšces des dossiers ; Vu - la Constitution ; - la convention europĂ©enne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertĂ©s fondamentales ; - la Charte des droits fondamentaux de l'Union europĂ©enne ; - la directive 95/46/CE du Parlement europĂ©en et du Conseil du 24 octobre 1995 ; - le rĂšglement UE n° 2016/679 du Parlement europĂ©en et du Conseil du 27 avril 2016 ; - la directive UE n° 2016/680 du Parlement europĂ©en et du Conseil du 27 avril 2016 ; - la convention n° 108 du Conseil de l'Europe pour la protection des personnes Ă l'Ă©gard du traitement automatisĂ© des donnĂ©es Ă caractĂšre personnel du 28 janvier 1981 ; - la convention fiscale franco-amĂ©ricaine du 31 aoĂ»t 1994 modifiĂ©e ; - l'accord entre le Gouvernement de la RĂ©publique française et le Gouvernement des Etats-Unis d'AmĂ©rique du 14 novembre 2013 ; - le code gĂ©nĂ©ral des impĂŽts et le livre des procĂ©dures discales ; - la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 ; - la loi n° 2014-1098 du 29 septembre 2014 ; - le dĂ©cret n° 2015-1 du 2 janvier 2015 ; - le code de justice administrative ; AprĂšs avoir entendu en sĂ©ance publique - le rapport de M. Pierre Ramain, maĂźtre des requĂȘtes, - les conclusions de M. Alexandre Lallet, rapporteur public ; La parole ayant Ă©tĂ© donnĂ©e, avant et aprĂšs les conclusions, Ă la SCP Spinosi, Sureau, avocat de l'association des AmĂ©ricains accidentels ;ConsidĂ©rant ce qui suit 1. Les requĂȘtes visĂ©es ci-dessus prĂ©sentent Ă juger les mĂȘmes questions. Il y a lieu de les joindre pour statuer par une seule dĂ©cision. 2. Il ressort des piĂšces du dossier que, par un accord conclu le 14 novembre 2013, le Gouvernement de la RĂ©publique Française et le Gouvernement des Etats-Unis d'AmĂ©rique se sont engagĂ©s Ă amĂ©liorer le respect des obligations fiscales Ă l'Ă©chelle internationale et Ă mettre en Ćuvre la loi relative au respect des obligations fiscales concernant les comptes Ă©trangers dite " loi FATCA ", notamment en renforçant les Ă©changes d'informations entre leurs administrations fiscales. La loi du 29 septembre 2014 a autorisĂ© l'approbation de cet accord. Afin d'assurer la mise en Ćuvre de cet accord, le dĂ©cret du 23 juillet 2015 a dĂ©fini les modalitĂ©s de collecte et de transmission des informations par les institutions financiĂšres. Par une dĂ©libĂ©ration n° 2015-311 du 17 septembre 2015, la Commission nationale de l'informatique et des libertĂ©s CNIL a autorisĂ© le ministre des finances et des comptes publics Ă mettre en Ćuvre un traitement automatisĂ© de donnĂ©es Ă caractĂšre personnel ayant pour finalitĂ© le transfert vers l'administration fiscale amĂ©ricaine des donnĂ©es collectĂ©es et stockĂ©es en application de cet accord. Par un arrĂȘtĂ© du 5 octobre 2015 modifiĂ© par un arrĂȘtĂ© du 25 juillet 2017, le ministre des finances et des comptes publics a créé un traitement d'Ă©change automatique des informations dĂ©nommĂ© " EAI " organisant notamment la collecte et le transfert de donnĂ©es Ă caractĂšre personnel aux autoritĂ©s fiscales amĂ©ricaines, en application de l'accord du 14 novembre 2013. L'association des AmĂ©ricains accidentels demande l'annulation pour excĂšs de pouvoir des dĂ©cisions par lesquelles un refus a Ă©tĂ© opposĂ© Ă ses demandes d'abrogation du dĂ©cret du 23 juillet 2015 et de l'arrĂȘtĂ© du ministre de l'action et des comptes publics du 5 octobre 2015, modifiĂ© par celui du 25 juillet 2017, portant crĂ©ation du traitement " EAI " en tant qu'il organise la collecte et le transfert de donnĂ©es Ă caractĂšre personnel aux autoritĂ©s fiscales amĂ©ricaines. Sur les interventions de 3. M. A...ne justifie pas d'un intĂ©rĂȘt le rendant recevable Ă intervenir Ă l'appui des requĂȘtes. Ses interventions sont, par suite, irrecevables. Sur l'office du juge de l'excĂšs de pouvoir dans le contentieux du refus d'abroger un acte rĂ©glementaire 4. En raison de la permanence de l'acte rĂ©glementaire, la lĂ©galitĂ© des rĂšgles qu'il fixe, la compĂ©tence de son auteur et l'existence d'un dĂ©tournement de pouvoir doivent pouvoir ĂȘtre mises en cause Ă tout moment, de telle sorte que puissent toujours ĂȘtre sanctionnĂ©es les atteintes illĂ©gales que cet acte est susceptible de porter Ă l'ordre juridique. Cette contestation peut prendre la forme d'un recours pour excĂšs de pouvoir dirigĂ© contre la dĂ©cision refusant d'abroger l'acte rĂ©glementaire, comme l'exprime l'article L. 243-2 du code des relations entre le public et l'administration aux termes duquel " L'administration est tenue d'abroger expressĂ©ment un acte rĂ©glementaire illĂ©gal ou dĂ©pourvu d'objet, que cette situation existe depuis son Ă©diction ou qu'elle rĂ©sulte de circonstances de droit ou de faits postĂ©rieures, sauf Ă ce que l'illĂ©galitĂ© ait cessĂ© [...] ". 5. L'effet utile de l'annulation pour excĂšs de pouvoir du refus d'abroger un acte rĂ©glementaire illĂ©gal rĂ©side dans l'obligation, que le juge peut prescrire d'office en vertu des dispositions de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, pour l'autoritĂ© compĂ©tente, de procĂ©der Ă l'abrogation de cet acte afin que cessent les atteintes illĂ©gales que son maintien en vigueur porte Ă l'ordre juridique. Il s'ensuit que, dans l'hypothĂšse oĂč un changement de circonstances a fait cesser l'illĂ©galitĂ© de l'acte rĂ©glementaire litigieux Ă la date Ă laquelle il statue, le juge de l'excĂšs de pouvoir ne saurait annuler le refus de l'abroger. A l'inverse, si, Ă la date Ă laquelle il statue, l'acte rĂ©glementaire est devenu illĂ©gal en raison d'un changement de circonstances, il appartient au juge d'annuler ce refus d'abroger pour contraindre l'autoritĂ© compĂ©tente de procĂ©der Ă son abrogation. 6. Il rĂ©sulte du point 5 que lorsqu'il est saisi de conclusions aux fins d'annulation du refus d'abroger un acte rĂ©glementaire, le juge de l'excĂšs de pouvoir est conduit Ă apprĂ©cier la lĂ©galitĂ© de l'acte rĂ©glementaire dont l'abrogation a Ă©tĂ© demandĂ©e au regard des rĂšgles applicables Ă la date de sa dĂ©cision. 7. S'agissant des rĂšgles relatives Ă la dĂ©termination de l'autoritĂ© compĂ©tente pour Ă©dicter un acte rĂ©glementaire, leur changement ne saurait avoir pour effet de rendre illĂ©gal un acte qui avait Ă©tĂ© pris par une autoritĂ© qui avait compĂ©tence pour ce faire Ă la date de son Ă©diction. Un tel changement a, en revanche, pour effet de faire cesser l'illĂ©galitĂ© dont Ă©tait entachĂ© un rĂšglement Ă©dictĂ© par une autoritĂ© incompĂ©tente dans le cas oĂč ce changement a conduit, Ă la date Ă laquelle le juge statue, Ă investir cette autoritĂ© de la compĂ©tence pour ce faire. Sur l'incompĂ©tence dont serait entachĂ© l'arrĂȘtĂ© du 5 octobre 2015 modifiĂ© par celui du 25 juillet 2017 8. L'article 31 de la loi du 6 janvier 1978 relative Ă l'informatique, aux fichiers et aux libertĂ©s dispose, dans sa version en vigueur depuis le 1er juin 2019, que " I. Sont autorisĂ©s par arrĂȘtĂ© du ou des ministres compĂ©tents, pris aprĂšs avis motivĂ© et publiĂ© de la Commission nationale de l'informatique et des libertĂ©s, les traitements de donnĂ©es Ă caractĂšre personnel mis en Ćuvre pour le compte de l'Etat et / [...] 2° Ou qui ont pour objet la prĂ©vention, la recherche, la constatation ou la poursuite des infractions pĂ©nales ou l'exĂ©cution des condamnations pĂ©nales ou des mesures de sĂ»retĂ©. / L'avis de la commission est publiĂ© avec l'arrĂȘtĂ© autorisant le traitement. / de ces traitements qui portent sur des donnĂ©es mentionnĂ©es au I de l'article 6 sont autorisĂ©s par dĂ©cret en Conseil d'Etat pris aprĂšs avis motivĂ© et publiĂ© de la commission. Cet avis est publiĂ© avec le dĂ©cret autorisant le traitement ". Si le traitement créé par l'arrĂȘtĂ© du 5 octobre 2015 a pour finalitĂ© de lutter contre la fraude et l'Ă©vasion fiscales, il doit ĂȘtre regardĂ© comme ayant parmi ses objets la prĂ©vention, la recherche, la constatation ou la poursuite des infractions pĂ©nales. Il s'ensuit, eu Ă©gard Ă cet objet, qu'il est au nombre des traitements visĂ©s Ă l'article 31 prĂ©citĂ© qui constitue l'exacte reprise de l'article 26 de cette mĂȘme loi, dans sa version en vigueur Ă la date d'Ă©diction des arrĂȘtĂ©s du 5 octobre 2015 et du 25 juillet 2017. 9. Aux termes de l'article 68 de la loi du 6 janvier 1978, dans sa version en vigueur Ă la date d'Ă©diction des arrĂȘtĂ©s litigieux " Le responsable d'un traitement ne peut transfĂ©rer des donnĂ©es Ă caractĂšre personnel vers un Etat n'appartenant pas Ă la CommunautĂ© europĂ©enne que si cet Etat assure un niveau de protection suffisant de la vie privĂ©e et des libertĂ©s et droits fondamentaux des personnes Ă l'Ă©gard du traitement dont ces donnĂ©es font l'objet ou peuvent faire l'objet. Le caractĂšre suffisant du niveau de protection assurĂ© par un Etat s'apprĂ©cie en fonction notamment des dispositions en vigueur dans cet Etat, des mesures de sĂ©curitĂ© qui y sont appliquĂ©es, des caractĂ©ristiques propres du traitement, telles que ses fins et sa durĂ©e, ainsi que de la nature, de l'origine et de la destination des donnĂ©es traitĂ©es ". Aux termes de l'article 69 de cette loi, dans la mĂȘme version " Il peut Ă©galement ĂȘtre fait exception Ă l'interdiction prĂ©vue Ă l'article 68, [...], s'il s'agit d'un traitement mentionnĂ© au I ou au II de l'article 26, par dĂ©cret en Conseil d'Etat pris aprĂšs avis motivĂ© et publiĂ© de la commission, lorsque le traitement garantit un niveau de protection suffisant de la vie privĂ©e ainsi que des libertĂ©s et droits fondamentaux des personnes, notamment en raison des clauses contractuelles ou rĂšgles internes dont il fait l'objet ". S'il rĂ©sultait de ces dispositions, en vigueur Ă la date d'Ă©diction des arrĂȘtĂ©s litigieux, qu'un traitement ayant pour objet la prĂ©vention, la recherche, la constatation ou la poursuite des infractions pĂ©nales et organisant le transfert de donnĂ©es vers un Etat n'appartenant pas Ă l'Union europĂ©enne ne pouvait ĂȘtre créé que par un dĂ©cret en Conseil d'Etat pris aprĂšs avis motivĂ© et publiĂ© de la CNIL, aucune disposition de la loi du 6 janvier 1978, dans sa version aujourd'hui en vigueur, ni aucune rĂšgle n'exige dĂ©sormais l'intervention d'un dĂ©cret en Conseil d'Etat dans pareil cas. Il s'ensuit que s'il ne l'Ă©tait pas, Ă la date Ă laquelle ont Ă©tĂ© pris les arrĂȘtĂ©s du 5 octobre 2015 et du 25 juillet 2017, le ministre de l'action et des comptes publics est compĂ©tent, Ă la date de la prĂ©sente dĂ©cision, pour crĂ©er, par arrĂȘtĂ©, pris aprĂšs avis motivĂ© et publiĂ© de la CNIL, le traitement litigieux. Il rĂ©sulte des motifs Ă©noncĂ©s aux points 6 et 7 que le moyen tirĂ© de l'illĂ©galitĂ© du refus d'abroger l'arrĂȘtĂ© du 5 octobre 2015 modifiĂ© par celui du 25 juillet 2017 en raison de l'incompĂ©tence dont ces actes Ă©taient initialement entachĂ©s doit ĂȘtre Ă©cartĂ©. Sur les moyens de lĂ©galitĂ© interne des requĂȘtes 10. Les dispositions contestĂ©es du dĂ©cret et des arrĂȘtĂ©s litigieux se bornent Ă tirer les consĂ©quences nĂ©cessaires des stipulations inconditionnelles de l'accord du 14 novembre 2013 pour l'application duquel ces actes rĂ©glementaires ont Ă©tĂ© pris. Il s'ensuit que l'association requĂ©rante ne saurait utilement invoquer Ă leur encontre la mĂ©connaissance de la loi du 6 janvier 1978 modifiĂ©e. Il appartient en revanche au Conseil d'Etat d'examiner les moyens tirĂ©s de l'inapplicabilitĂ© de cet accord et de l'invaliditĂ© dont seraient entachĂ©es ses stipulations. En ce qui concerne le dĂ©faut allĂ©guĂ© de rĂ©ciprocitĂ© dans l'application de l'accord du 14 novembre 2013 11. Aux termes du 14Ăšme alinĂ©a du PrĂ©ambule de la Constitution du 27 octobre 1946 " La RĂ©publique française, fidĂšle Ă ses traditions, se conforme aux rĂšgles du droit public international ". Au nombre de ces rĂšgles figure la rĂšgle " pacta sunt servanda ", qui implique que tout traitĂ© en vigueur lie les parties et doit ĂȘtre exĂ©cutĂ© par elles de bonne foi. Aux termes de l'article 55 de la Constitution "Les traitĂ©s ou accords rĂ©guliĂšrement ratifiĂ©s ou approuvĂ©s ont, dĂšs leur publication, une autoritĂ© supĂ©rieure Ă celle des lois, sous rĂ©serve, pour chaque accord ou traitĂ©, de son application par l'autre partie ". Il appartient au juge administratif, lorsqu'est soulevĂ© devant lui un moyen tirĂ© de ce qu'une dĂ©cision administrative a Ă tort, sur le fondement de la rĂ©serve Ă©noncĂ©e Ă l'article 55, soit Ă©cartĂ© l'application de stipulations d'un traitĂ© international, soit fait application de ces stipulations, de vĂ©rifier si la condition de rĂ©ciprocitĂ© est ou non remplie. A cette fin, il lui revient, dans l'exercice des pouvoirs d'instruction qui sont les siens, aprĂšs avoir recueilli les observations du ministre des affaires Ă©trangĂšres et, le cas Ă©chĂ©ant, celles de l'Etat en cause, de soumettre ces observations au dĂ©bat contradictoire, afin d'apprĂ©cier si des Ă©lĂ©ments de droit et de fait suffisamment probants au vu de l'ensemble des rĂ©sultats de l'instruction sont de nature Ă Ă©tablir que la condition tenant Ă l'application du traitĂ© par l'autre partie est, ou non, remplie. 12. En premier lieu, si, en application de l'article 2 de l'accord entre le Gouvernement de la RĂ©publique française et le Gouvernement des Etats-Unis d'AmĂ©rique du 14 novembre 2013, les informations collectĂ©es et transmises par l'administration fiscale française Ă l'administration fiscale amĂ©ricaine et celles collectĂ©es et transmises par l'administration fiscale amĂ©ricaine Ă l'administration française ne sont pas identiques, l'administration amĂ©ricaine n'Ă©tant pas tenue de transmettre Ă l'administration française le solde des comptes bancaires dĂ©tenus aux Etats-Unis par des contribuables français, ces diffĂ©rences rĂ©sultent de l'accord lui-mĂȘme et ne sauraient rĂ©vĂ©ler un dĂ©faut d'application de celui-ci par les Etats-Unis. 13. En deuxiĂšme lieu, l'article 6 de l'accord du 14 novembre 2013 stipule que " 1. RĂ©ciprocitĂ©. Le Gouvernement des Etats-Unis convient de la nĂ©cessitĂ© de parvenir Ă des niveaux Ă©quivalents d'Ă©changes automatiques de renseignements avec la France. Le Gouvernement des Etats-Unis s'engage Ă amĂ©liorer davantage la transparence et Ă renforcer la relation d'Ă©change avec la France en continuant Ă adopter des mesures rĂ©glementaires et en dĂ©fendant et en soutenant l'adoption de lois appropriĂ©es afin d'atteindre ces niveaux Ă©quivalents d'Ă©changes automatiques rĂ©ciproques de renseignements [...] 4. DonnĂ©es concernant les comptes existants au 30 juin 2014. S'agissant des comptes dĂ©clarables ouverts auprĂšs d'une institution financiĂšre dĂ©clarante au 30 juin 2014 a Les Etats-Unis s'engagent Ă adopter, d'ici au 1er janvier 2017, pour les dĂ©clarations qui concernent 2017 et les annĂ©es suivantes, des rĂšgles qui imposent aux institutions financiĂšres amĂ©ricaines d'obtenir et de dĂ©clarer, s'agissant des entitĂ©s françaises, le NIF français et, s'agissant des personnes physiques, la date de naissante ou le NIF français si la France attribue Ă ces personnes un tel numĂ©ro de chaque titulaire de compte d'un compte dĂ©clarable français conformĂ©ment au point 1 de l'alinĂ©a b du paragraphe 2 de l'article 2 du prĂ©sent Accord [...] ". L'article 10 de cet accord prĂ©voit qu' " avant le 31 dĂ©cembre 2016, les Parties engagent de bonne foi des consultations afin d'apporter au prĂ©sent Accord les modifications nĂ©cessaires pour reflĂ©ter les progrĂšs accomplis concernant les engagements Ă©noncĂ©s Ă l'article 6 du prĂ©sent Accord ". Il rĂ©sulte des Ă©lĂ©ments produits devant le Conseil d'Etat et versĂ©s au dĂ©bat contradictoire, d'une part, que le gouvernement amĂ©ricain a proposĂ©, Ă plusieurs reprises, conformĂ©ment Ă l'engagement pris au paragraphe 1 de l'article 6 prĂ©citĂ©, des modifications lĂ©gislatives en vue d'atteindre un niveau Ă©quivalent d'Ă©changes de renseignements et, d'autre part, que la modification de la rĂ©glementation prĂ©vue au a du paragraphe 4 du mĂȘme article est intervenue Ă la suite de la publication en 2017 d'une notice de l'administration fiscale amĂ©ricaine Internal Revenue Service. Dans ces conditions, il ne ressort pas des piĂšces du dossier qu'Ă la date de la prĂ©sente dĂ©cision, la condition de rĂ©ciprocitĂ© ne serait pas remplie en raison d'un dĂ©faut d'application des stipulations des articles 6 et 10 de l'accord prĂ©citĂ©. 14. En troisiĂšme lieu, les erreurs allĂ©guĂ©es dans la transmission des donnĂ©es fiscales des Etats-Unis vers la France ne sauraient caractĂ©riser, par elles-mĂȘmes, un dĂ©faut d'application du traitĂ© par la partie amĂ©ricaine. 15. Il s'ensuit que le moyen tirĂ© de ce que le dĂ©cret et les arrĂȘtĂ©s litigieux seraient dĂ©pourvus de base lĂ©gale, faute pour les Etats-Unis d'appliquer de maniĂšre rĂ©ciproque l'accord du 14 novembre 2013, doit ĂȘtre Ă©cartĂ©. En ce qui concerne la prĂ©tendue mĂ©connaissance de l'article 2 de la DĂ©claration des droits de l'homme et du citoyen 16. Il n'appartient pas au Conseil d'Etat, statuant au contentieux, de se prononcer sur la conformitĂ© d'un traitĂ© ou d'un accord international Ă la Constitution. En ce qui concerne la mĂ©connaissance allĂ©guĂ©e de stipulations de droit international 17. Lorsque, Ă l'appui de conclusions dirigĂ©es contre une dĂ©cision administrative qui fait application des stipulations inconditionnelles d'un traitĂ© ou d'un accord international, est soulevĂ© un moyen tirĂ© de l'incompatibilitĂ© des stipulations, dont il a Ă©tĂ© fait application par la dĂ©cision en cause, avec celles d'un autre traitĂ© ou accord international, rĂ©serve faite des cas oĂč serait en cause l'ordre juridique intĂ©grĂ© que constitue l'Union europĂ©enne, il incombe au juge administratif, aprĂšs avoir vĂ©rifiĂ© que les stipulations de cet autre traitĂ© ou accord sont entrĂ©es en vigueur dans l'ordre juridique interne et sont invocables devant lui, de dĂ©finir, conformĂ©ment aux principes du droit coutumier relatifs Ă la combinaison entre elles des conventions internationales, les modalitĂ©s d'application respectives des normes internationales en dĂ©bat conformĂ©ment Ă leurs stipulations, de maniĂšre Ă assurer leur conciliation, en les interprĂ©tant, le cas Ă©chĂ©ant, au regard des rĂšgles et principes Ă valeur constitutionnelle et des principes d'ordre public. Dans l'hypothĂšse oĂč, au terme de cet examen, il n'apparaĂźt possible ni d'assurer la conciliation de ces stipulations entre elles, ni de dĂ©terminer lesquelles doivent dans le cas d'espĂšce ĂȘtre Ă©cartĂ©es, il appartient au juge administratif de faire application de la norme internationale dans le champ de laquelle la dĂ©cision administrative contestĂ©e a entendu se placer et pour l'application de laquelle cette dĂ©cision a Ă©tĂ© prise et d'Ă©carter, en consĂ©quence, le moyen tirĂ© de son incompatibilitĂ© avec l'autre norme internationale invoquĂ©e, sans prĂ©judice des consĂ©quences qui pourraient en ĂȘtre tirĂ©es en matiĂšre d'engagement de la responsabilitĂ© de l'Etat tant dans l'ordre international que dans l'ordre interne. S'agissant de la mĂ©connaissance du droit de l'Union europĂ©enne Quant Ă la violation du rĂšglement du 27 avril 2016 18. Aux termes de l'article 1er de la directive UE 2016/680 du Parlement europĂ©en et du Conseil du 27 avril 2016 relative Ă la protection des personnes physiques Ă l'Ă©gard du traitement des donnĂ©es Ă caractĂšre personnel par les autoritĂ©s compĂ©tentes Ă des fins de prĂ©vention et de dĂ©tection des infractions pĂ©nales, d'enquĂȘtes et de poursuites en la matiĂšre ou d'exĂ©cution de sanctions pĂ©nales, et Ă la libre circulation de ces donnĂ©es " prĂ©sente directive Ă©tablit des rĂšgles relatives Ă la protection des personnes physiques Ă l'Ă©gard du traitement des donnĂ©es Ă caractĂšre personnel par les autoritĂ©s compĂ©tentes Ă des fins de prĂ©vention et de dĂ©tection des infractions pĂ©nales, d'enquĂȘtes et de poursuites en la matiĂšre ou d'exĂ©cution de sanctions pĂ©nales, y compris la protection contre les menaces pour la sĂ©curitĂ© publique et la prĂ©vention de telles menaces ". Aux termes de l'article 2 de cette directive " Champ d'application / prĂ©sente directive s'applique au traitement de donnĂ©es Ă caractĂšre personnel effectuĂ© par les autoritĂ©s compĂ©tentes aux fins Ă©noncĂ©es Ă l'article 1er, paragraphe 1 ". L'article 2 du rĂšglement du Parlement europĂ©en et du Conseil du 27 avril 2016 relatif Ă la protection des personnes physiques Ă l'Ă©gard du traitement de donnĂ©es Ă caractĂšre personnel et Ă la libre circulation de ces donnĂ©es RGPD, qui est entrĂ© en vigueur le 25 mai 2018, dispose que "1. Le prĂ©sent rĂšglement s'applique au traitement de donnĂ©es Ă caractĂšre personnel, automatisĂ© en tout ou en partie, ainsi qu'au traitement non automatisĂ© de donnĂ©es Ă caractĂšre personnel contenues ou appelĂ©es Ă figurer dans un fichier. / 2. Le prĂ©sent rĂšglement ne s'applique pas au traitement de donnĂ©es Ă caractĂšre personnel effectuĂ© / [...] d par les autoritĂ©s compĂ©tentes Ă des fins de prĂ©vention et de dĂ©tection des infractions pĂ©nales, d'enquĂȘtes et de poursuites en la matiĂšre ou d'exĂ©cution de sanctions pĂ©nales, y compris la protection contre des menaces pour la sĂ©curitĂ© publique et la prĂ©vention de telles menaces. [...] ". Un traitement de donnĂ©es Ă caractĂšre personnel relĂšve, selon sa finalitĂ©, du champ d'application du rĂšglement du 27 avril 2016 ou de celui de la directive du mĂȘme jour. Alors mĂȘme qu'ainsi qu'il a Ă©tĂ© dit au point 8, le traitement litigieux a plusieurs objets, au nombre desquels figurent la prĂ©vention, la dĂ©tection et la rĂ©pression des infractions pĂ©nales, sa finalitĂ© est de permettre, en luttant contre la fraude et l'Ă©vasion fiscales, l'amĂ©lioration du respect de leurs obligations fiscales par les contribuables français et amĂ©ricains. Il s'ensuit qu'il relĂšve du champ d'application du rĂšglement du 27 avril 2016 et non de celui de la directive du mĂȘme jour. 19. L'article 96 du rĂšglement du 27 avril 2016 dispose que " Les accords internationaux impliquant le transfert de donnĂ©es Ă caractĂšre personnel vers des pays tiers ou Ă des organisations internationales qui ont Ă©tĂ© conclus par les Etats membres avant le 24 mai 2016 et qui respectent le droit de l'Union tel qu'il est applicable avant cette date restent en vigueur jusqu'Ă leur modification, leur remplacement ou leur rĂ©vocation ". Il rĂ©sulte clairement de ces dispositions que les auteurs du rĂšglement ont entiĂšrement dĂ©terminĂ© les conditions de la relation entre le droit de l'Union europĂ©enne et les accords conclus antĂ©rieurement Ă sa signature qui impliquent le transfert de donnĂ©es personnelles vers des Etats tiers. Il y a lieu, pour l'application de cet article, de rechercher, dans un premier temps, si l'accord du 14 novembre 2013 respecte les dispositions du rĂšglement du 27 avril 2016, qui sont d'effet direct, et seulement dans l'hypothĂšse oĂč tel ne serait pas le cas, de vĂ©rifier, dans un second temps, si cet accord respecte le droit de l'Union europĂ©enne tel qu'il Ă©tait applicable avant la signature du rĂšglement. 20. L'article 5 du rĂšglement du Parlement europĂ©en et du Conseil du 27 avril 2016 relatif Ă la protection des personnes physiques Ă l'Ă©gard du traitement de donnĂ©es Ă caractĂšre personnel et Ă la libre circulation de ces donnĂ©es dispose que " 1. Les donnĂ©es Ă caractĂšre personnel doivent ĂȘtre / a traitĂ©es de maniĂšre licite, loyale et transparente au regard de la personne concernĂ©e licĂ©itĂ©, loyautĂ©, transparence;/ b collectĂ©es pour des finalitĂ©s dĂ©terminĂ©es, explicites et lĂ©gitimes, et ne pas ĂȘtre traitĂ©es ultĂ©rieurement d'une maniĂšre incompatible avec ces finalitĂ©s; le traitement ultĂ©rieur Ă des fins archivistiques dans l'intĂ©rĂȘt public, Ă des fins de recherche scientifique ou historique ou Ă des fins statistiques n'est pas considĂ©rĂ©, conformĂ©ment Ă l'article 89, paragraphe 1, comme incompatible avec les finalitĂ©s initiales limitation des finalitĂ©s; / c adĂ©quates, pertinentes et limitĂ©es Ă ce qui est nĂ©cessaire au regard des finalitĂ©s pour lesquelles elles sont traitĂ©es minimisation des donnĂ©es; / d exactes et, si nĂ©cessaire, tenues Ă jour; toutes les mesures raisonnables doivent ĂȘtre prises pour que les donnĂ©es Ă caractĂšre personnel qui sont inexactes, eu Ă©gard aux finalitĂ©s pour lesquelles elles sont traitĂ©es, soient effacĂ©es ou rectifiĂ©es sans tarder exactitude; / e conservĂ©es sous une forme permettant l'identification des personnes concernĂ©es pendant une durĂ©e n'excĂ©dant pas celle nĂ©cessaire au regard des finalitĂ©s pour lesquelles elles sont traitĂ©es; les donnĂ©es Ă caractĂšre personnel peuvent ĂȘtre conservĂ©es pour des durĂ©es plus longues dans la mesure oĂč elles seront traitĂ©es exclusivement Ă des fins archivistiques dans l'intĂ©rĂȘt public, Ă des fins de recherche scientifique ou historique ou Ă des fins statistiques conformĂ©ment Ă l'article 89, paragraphe 1, pour autant que soient mises en Ćuvre les mesures techniques et organisationnelles appropriĂ©es requises par le prĂ©sent rĂšglement afin de garantir les droits et libertĂ©s de la personne concernĂ©e limitation de la conservation ; / f traitĂ©es de façon Ă garantir une sĂ©curitĂ© appropriĂ©e des donnĂ©es Ă caractĂšre personnel, y compris la protection contre le traitement non autorisĂ© ou illicite et contre la perte, la destruction ou les dĂ©gĂąts d'origine accidentelle, Ă l'aide de mesures techniques ou organisationnelles appropriĂ©es intĂ©gritĂ© et confidentialitĂ©; / 2. Le responsable du traitement est responsable du respect du paragraphe 1 et est en mesure de dĂ©montrer que celui-ci est respectĂ© responsabilitĂ© ". 21. Si l'association requĂ©rante soutient, sans autre prĂ©cision, que l'accord du 14 novembre 2013 mĂ©connaĂźtrait les exigences de finalitĂ© lĂ©gitime et de modalitĂ©s appropriĂ©es posĂ©es par l'article 5 prĂ©citĂ©, il ressort des piĂšces du dossier que le traitement litigieux rĂ©pond Ă la finalitĂ© lĂ©gitime que constitue l'amĂ©lioration du respect des obligations fiscales et prĂ©voit des modalitĂ©s de choix, de collecte et de traitement des donnĂ©es adĂ©quates et proportionnĂ©es Ă cette finalitĂ©. Il s'ensuit que le moyen ne peut qu'ĂȘtre Ă©cartĂ©. 22. En l'absence de dĂ©cision d'adĂ©quation de la Commission constatant l'existence, dans le pays tiers destinataire du transfert des donnĂ©es, d'un niveau de protection adĂ©quat, l'association requĂ©rante ne saurait utilement invoquer la mĂ©connaissance de l'article 45 du rĂšglement du 27 avril 2016 qui est relatif aux transferts fondĂ©s sur une telle dĂ©cision d'adĂ©quation. 23. L'article 46 du rĂšglement du 27 avril 2016 dispose qu'"1. En l'absence de dĂ©cision en vertu de l'article 45, paragraphe 3, le responsable du traitement ou le sous-traitant ne peut transfĂ©rer des donnĂ©es Ă caractĂšre personnel vers un pays tiers ou Ă une organisation internationale que s'il a prĂ©vu des garanties appropriĂ©es et Ă la condition que les personnes concernĂ©es disposent de droits opposables et de voies de droit effectives./ 2. Les garanties appropriĂ©es visĂ©es au paragraphe 1 peuvent ĂȘtre fournies, sans que cela ne nĂ©cessite une autorisation particuliĂšre d'une autoritĂ© de contrĂŽle, par / a un instrument juridiquement contraignant et exĂ©cutoire entre les autoritĂ©s ou organismes publics ; [...] ". 24. D'une part, l'article 3 de l'accord du 14 novembre 2013 stipule que les renseignements collectĂ©s dans le cadre de cet accord sont soumis aux mĂȘmes obligations de confidentialitĂ© et de protection des donnĂ©es que celles prĂ©vues par la convention fiscale franco-amĂ©ricaine du 31 aoĂ»t 1994 et notamment de son article 27. Ainsi d'ailleurs que l'a relevĂ© la commission nationale de l'informatique et des libertĂ©s dans l'avis qu'elle a rendu prĂ©alablement Ă l'adoption de l'arrĂȘtĂ© du 5 octobre 2015, il rĂ©sulte de ces stipulations que les informations collectĂ©es et transfĂ©rĂ©es dans le cadre du traitement litigieux ne peuvent servir qu'Ă des fins fiscales, sont strictement limitĂ©es et proportionnĂ©es et sont soumises au secret fiscal dans les mĂȘmes conditions que des renseignements obtenus en application de la lĂ©gislation française. 25. D'autre part, il ressort des piĂšces du dossier qu'en application des dispositions de la loi fĂ©dĂ©rale amĂ©ricaine de 1974 sur la protection des donnĂ©es personnelles, les traitements de donnĂ©es personnelles par les administrations amĂ©ricaines sont soumis au respect du principe de transparence selon lequel ces administrations doivent assurer la transparence de leur action et notamment de leurs systĂšmes d'enregistrement des donnĂ©es, respecter les principes de conformitĂ© et de proportionnalitĂ© de la collecte et de l'utilisation des donnĂ©es au regard de la finalitĂ© des traitements et garantir le droit de chacun d'accĂ©der aux donnĂ©es collectĂ©es qui le concerne et d'en demander la rectification. Cette loi prĂ©voit Ă©galement des voies de recours en matiĂšre civile et pĂ©nale devant les juridictions amĂ©ricaines en cas de non-respect de ces dispositions. En outre, s'agissant des donnĂ©es permettant d'Ă©tablir la situation fiscale des contribuables, il rĂ©sulte des dispositions de l'article 6103 du code fĂ©dĂ©ral des impĂŽts que les donnĂ©es collectĂ©es par l'administration fiscale amĂ©ricaine sont notamment soumises aux principes de confidentialitĂ© et de transparence de l'utilisation des donnĂ©es par l'administration fiscale amĂ©ricaine. L'article 6105 du mĂȘme code dĂ©finit en outre une obligation spĂ©cifique de confidentialitĂ© Ă l'Ă©gard de toute donnĂ©e Ă©changĂ©e en application d'une convention fiscale internationale, sauf si la divulgation est autorisĂ©e par la convention fiscale elle-mĂȘme, ce qui n'est pas le cas de l'accord du 14 novembre 2013. Enfin, l'article 7431 du mĂȘme code institue des voies de recours en matiĂšre civile et pĂ©nale en cas de non-respect de ces obligations. 26. Il s'ensuit qu'au regard des garanties spĂ©cifiques dont l'accord du 14 novembre 2013 entoure le traitement litigieux et du niveau de protection assurĂ© par la lĂ©gislation applicable aux Etats-Unis en matiĂšre de protection des donnĂ©es personnelles permettant d'Ă©tablir la situation fiscale des contribuables, le moyen tirĂ© de la mĂ©connaissance de l'article 46 du rĂšglement du 27 avril 2016 doit ĂȘtre Ă©cartĂ©. 27. A la diffĂ©rence de l'affaire Maximillian Schrems dans laquelle la Cour de justice de l'Union europĂ©enne a, par un arrĂȘt du 6 octobre 2015 C-362/14, statuĂ© sur une contestation d'une dĂ©cision d'adĂ©quation de la Commission, l'objet du prĂ©sent litige porte, Ă titre principal, sur l'interprĂ©tation du contenu de l'accord bilatĂ©ral du 14 novembre 2013 et sur sa compatibilitĂ© avec le rĂšglement du 27 avril 2016. En l'Ă©tat des moyens invoquĂ©s par l'association requĂ©rante, l'interprĂ©tation des dispositions invoquĂ©es du rĂšglement de l'Union europĂ©enne s'impose avec une Ă©vidence telle qu'elle ne laisse place Ă aucun doute raisonnable, conformĂ©ment aux principes dĂ©gagĂ©s par la Cour de justice des CommunautĂ©s europĂ©enne dans son arrĂȘt Srl Cilfit et Lanificio di Gavardo SpA en date du 6 octobre 1982 C-283/81, point 16. Enfin, en tant que le litige implique une interprĂ©tation du contenu de certaines stipulations de l'accord du 14 novembre 2013 par le Conseil d'Etat, cette interprĂ©tation, qui fait l'objet des points 21 Ă 25 de la prĂ©sente dĂ©cision, ne pose pas en elle-mĂȘme une question ayant trait au droit de l'Union europĂ©enne et ne justifie pas le renvoi d'une question prĂ©judicielle Ă la Cour de justice de l'Union europĂ©enne. Quant Ă la violation des articles 7 et 8 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union europĂ©enne 28. Il rĂ©sulte des motifs Ă©noncĂ©s aux points prĂ©cĂ©dents que, compte tenu des prĂ©cautions dont il est assorti, le traitement litigieux ne mĂ©connaĂźt pas le droit Ă la protection des donnĂ©es Ă caractĂšre personnel des personnes qu'il concerne ni ne porte au droit de ces derniĂšres au respect de leur vie privĂ©e une atteinte disproportionnĂ©e aux buts en vue desquels il a Ă©tĂ© créé. Il s'ensuit que le moyen tirĂ© de la mĂ©connaissance, par l'accord du 14 novembre 2013, des articles 7 et 8 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union europĂ©enne ne peut qu'ĂȘtre Ă©cartĂ©. S'agissant de l'incompatibilitĂ© avec l'article 8 de la convention europĂ©enne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertĂ©s fondamentales et la convention n° 108 du Conseil de l'Europe pour la protection des personnes Ă l'Ă©gard du traitement automatisĂ© des donnĂ©es Ă caractĂšre personnel du 28 janvier 1981 29. Il rĂ©sulte des motifs exposĂ©s aux points prĂ©cĂ©dents que l'accord du 14 novembre 2013 n'est en tout Ă©tat de cause incompatible ni avec les stipulations de l'article 8 de la convention europĂ©enne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertĂ©s fondamentales qui garantit le droit au respect de la vie privĂ©e ni avec celles de la convention n° 108 du Conseil de l'Europe pour la protection des personnes Ă l'Ă©gard du traitement automatisĂ© des donnĂ©es Ă caractĂšre personnel du 28 janvier 1981 qui subordonne l'autorisation d'un traitement de donnĂ©es Ă caractĂšre personnel Ă l'existence d'une finalitĂ© lĂ©gitime et Ă des modalitĂ©s de collecte licites et loyales. 30. Il rĂ©sulte de tout ce qui prĂ©cĂšde que l'association requĂ©rante n'est pas fondĂ©e Ă demander l'annulation des dĂ©cisions qu'elle attaque. Ses conclusions aux fins d'injonction doivent, par voie de consĂ©quence, ĂȘtre rejetĂ©es, ainsi que ses conclusions prĂ©sentĂ©es au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. D E C I D E - Article 1er Les interventions de M. A...ne sont pas admises. Article 2 Les requĂȘtes de l'association des AmĂ©ricains accidentels sont rejetĂ©es. Article 3 La prĂ©sente dĂ©cision sera notifiĂ©e Ă l'association des AmĂ©ricains accidentels, Ă M. B... A..., au ministre de l'action et des comptes publics, au ministre de l'Europe et des affaires Ă©trangĂšres et Ă la Commission nationale de l'informatique et des
ConseildâEtat, AssemblĂ©e, 19 juillet 2019, Association des AmĂ©ricains accidentels, requĂȘte numĂ©ro 424216.. [Read more] Cass., Ass. PlĂ©n., 17 juillet 2019, avis n°15012 et n°15013 .. [Read more] Conseil constitutionnel, 11 juillet 2019, n°2019-786 DC, RĂ©solution clarifiant et actualisant le rĂšglement du SĂ©nat.. (RĂSOLUTION CLARIFIANT ET ACTUALISANT LE RĂGLEMENT DU